Monrovia, cible des bombardements

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« Avec les tirs et les obus qui tombent à côté de nos hôpitaux, il est pratiquement impossible de traiter nos patients dans de bonnes conditions de sécurité, se sont inquiétés, hier, les responsables de Médecins sans frontières au Liberia. Nous craignons que les combats dans les rues nous empêchent de transporter les blessés. » Depuis ce week-end, les bombardements sur la capitale Monrovia se sont multipliés. Hier, plus d’une douzaine d’obus sont tombés, à la mi-journée, à proximité de l’ambassade des Etats-Unis, faisant de nombreux morts. L’un d’eux a même touché le bâtiment, sans faire de victimes. La situation est de plus en confuse entre les troupes gouvernementales de Charles Taylor et les rebelles du Lurd (Libériens unis pour la démocratie et la réconciliation). Chacun accuse l’autre de bombarder la capitale, où vivent près de 1,5 million de personnes, après l’afflux, ces dernières semaines, de déplacés fuyant les quartiers périphériques de la ville où se déroulaient de violents combats. Malgré cela, les Etats-Unis hésitent toujours à intervenir massivement. Ils ont cependant annoncé, dimanche soir, l’envoi d’un détachement de 41 soldats, qui rejoindront les marines chargés de la défense de leur ambassade. De son côté, le Nigeria s’est dit prêt à déployer au Liberia l’avant-garde de la force de paix ouest-africaine. 776 militaires, auxquels s’ajouteront 150 Maliens et Ghanéens ainsi qu’un détachement multinational. Au total, la force d’interposition devrait atteindre 1 500 hommes. Des militaires qui n’attendent plus que l’ordre des politiques pour débarquer. Clémence Lemaistre (avec AFP)