L'Europe prête à lancer une opération militaire contre les passeurs

DIPLOMATIE Des passeurs qualifiés d'«esclavagistes»...

20 Minutes avec AFP

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Des migrants sur le quai du port d'Augusta en Sicile le 22 avril 2015
Des migrants sur le quai du port d'Augusta en Sicile le 22 avril 2015 — ALBERTO PIZZOLI AFP

Les dirigeants européens doivent se prononcer ce jeudi sur une opération militaire contre les trafiquants de migrants en Libye, responsables de la pire tragédie en Méditerranée, dont des survivants commencent à raconter l'horreur.

Il faut « entreprendre des efforts systématiques pour identifier, capturer et détruire les bateaux avant qu'ils ne soient utilisés par les trafiquants », selon le projet de déclaration du sommet extraordinaire convoqué après un nouveau naufrage dimanche, qui a fait quelque 800 morts.

Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient lancer les « préparatifs pour une possible opération de sécurité et de défense », autrement dit une opération militaire. Ce serait une première dans la lutte contre l'immigration clandestine.

Pas de troupes au sol

« On ne peut pas être sérieux si on ne prend pas en considération la demande de Matteo Renzi », a affirmé un haut responsable européen. Le chef du gouvernement italien a demandé l'examen de la possibilité de mener des « interventions ciblées » contre les passeurs en Libye, devenu le pays d'embarquement des migrants et des candidats à l'asile en direction de l'Italie et de Malte.

« Personne ne parle d'envoyer des troupes au sol », a assuré une source européenne, tout en soulignant que la question d'un mandat des Nations unies « dépend de l'étendue de la mission ». « Ce ne sera pas une guerre, mais des actions ciblées ».

Mais la « mise en oeuvre prendra du temps », ont averti les diplomates en charge du dossier. « Il va falloir préparer des plans opérationnels, puis mobiliser des moyens militaires », a-t-on expliqué.

Accueil de réfugiés

Les experts se montrent très sceptiques. Atalante, la mission militaire de l'UE contre la piraterie au large des côtes somaliennes a été lancée en 2008, mais les premières actions contre les bateaux des pirates ont été menées en 2011-2012, a rappelé l'eurodéputé français Arnaud Danjean. « Que peut-on faire pour endiguer ce trafic par la force, la réponse est simple: rien », a assuré à l'AFP l'ex-amiral français Alain Coldefy.

Le plan soumis aux dirigeants européens prévoit aussi de « doubler » de trois à six millions d'euros le budget mensuel alloué à Frontex, l'agence chargée de la surveillances des frontières, pour renforcer les moyens alloués aux missions maritimes Triton en Italie et Poséidon en Grèce, afin de leur permettre d'augmenter leurs opérations de surveillance et de sauvetage.

Le troisième volet traite de l'accueil des migrants. Il propose aux Etats d'accueillir « au moins 5.000 personnes ayant obtenu le statut de réfugiés », dans le cadre d'un projet de réinstallation.