Afrique du Sud: L'armée déployée pour contenir les violences xénophobes

L.C. avec AFP

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Une manifestation anti-étrangers à Johannesburg, le 17 2015.
Une manifestation anti-étrangers à Johannesburg, le 17 2015. — Shiraaz Mohamed/AP/SIPA

Le gouvernement d'Afrique du Sud a commencé à déployer l'armée ce mardi, notamment dans le township d'Alexandra à Johannesburg, pour aider la police à enrayer les violences xénophobes qui ont fait au moins sept morts depuis début avril dans le pays. Cela fait suite à une annonce de la ministre de la Défense, Nosiviwe Mapisa-Nqakula.

Les faits: Violences xénophobes en Afrique du Sud

Réclamée par les associations de la diaspora africaine en Afrique du Sud depuis déjà plusieurs jours, la mobilisation exceptionnelle de l'armée est «le dernier recours», a déclaré la ministre lors d'un point presse organisé ce mardi. 

L'armée est le «dernier ressort»

«Nous venons en dernier ressort. (...) Nous venons parce qu'il y a une crise », a-t-elle insisté, notant que la décision n'avait pas été facile à prendre, vu les douloureux souvenirs laissés par l'armée dans les townships à l'époque de l'apartheid dans les années 1980 et 1990. «Nous ne sommes pas ici pour reprendre le travail de la police.»

Des troupes vont également être envoyées dans la région du Kwazulu-Natal, dans la province de Durban, dans l'Est du pays, où les troubles ont débuté il y a une quinzaine de jours.

C'est «justement parce que nous ne sommes pas un Etat militaire» que les forces de l'ordre interviennent de façon graduée, a-t-elle ajouté.

7 morts et des milliers de déplacés

Le Forum de la diaspora africaine, principale association d'immigrés africains dans le pays, avait demandé le déploiement de l'armée pour protéger les populations.

Les violences xénophobes qui ont secoué ces quinze derniers jours les agglomérations de Durban et de Johannesburg ont fait officiellement sept morts et des milliers de déplacés.

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Si aucun incident sérieux n'avait été signalé depuis le meurtre d'un Mozambicain à Alexandra samedi, un couple de Zimbabwéen a été attaqué dans le township la nuit dernière, a rapporté Nosiviwe Mapisa-Nqakula.

En mai 2008, au paroxysme d'une vague de violences xénophobes qui avait fait 62 morts, l'armée avait déjà été déployée. Depuis, le gouvernement de Jacob Zuma a aussi fait appel aux militaires lors des grèves sauvages sanglantes des mineurs de Marikana.