Paris «espère un geste de clémence» de l'Indonésie pour Serge Atlaoui

JUSTICE Le quai d'Orsay a réagi à la décision de la Cour suprême indonésienne...

L.C. avec AFP

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Serge Atlaoui dans sa cellule de prison en Indonésie, en mars 2008.
Serge Atlaoui dans sa cellule de prison en Indonésie, en mars 2008. — MEIGNEUX/SIPA

La France «continue à espérer un geste de clémence» après le rejet du recours de la condamnation à mort d'un Français en Indonésie, a déclaré ce mardi à Paris le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

S'adressant à la presse à l'issue d'une rencontre avec son homologue cubain, le chef de la diplomatie française a poursuivi: «Nous sommes extrêmement préoccupés par cette décision et cette menace qui, si elle était mise à exécution, aurait évidemment des conséquences sur les relations entre ce pays et la France.»

Serge Atlaoui, 51 ans, a été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy dans la banlieue de Jakarta, et condamné en 2007 à la peine capitale pour trafic de drogue. 

La famille «implore» le président français

«Ce qui nous choque dans cette affaire, c'est bien évidemment le sort de notre compatriote, mais aussi le fait que tout le monde reconnaît qu'il n'a joué qu'un rôle mineur, à supposer qu'il a joué un rôle, et ceux qui dirigeaient cette affaire de drogue, qui étaient des Indonésiens, n'ont pas été condamnés à la même peine», a ajouté Laurent Fabius.

 

La famille de Serge Atlaoui a imploré François Hollande et l'Union européenne de «mettre tout en œuvre» pour le sauver. «Notre famille en appelle au président de la République, François Hollande, et à l'Union européenne pour mettre tout en œuvre pour sauver Serge Atlaoui du peloton d'exécution», a déclaré l'un de ses frères, André Atlaoui, en faisant part de son «désarroi» et de son «incompréhension» face à la décision de la Cour suprême d'Indonésie.

«S'ils le tuent, une partie de moi sera morte»

«Il faut empêcher l'exécution de mon mari quoi qu'il arrive», a réagi Sabine Atlaoui sur RTL, en appelant elle aussi au chef de l'État français. «Bien sûr qu'on garde espoir, on a toujours gardé espoir», a-t-elle ajouté, se disant «déterminée» à continuer son combat. «Je ne m'arrêterai pas là (...) S'ils le tuent, une partie de moi sera morte. L'autre continuera à se battre».

Selon elle, son mari n'est actuellement «pas au courant» de la décision de la Cour suprême. Ce sera à elle, qui se trouve actuellement en Indonésie, de lui annoncer la nouvelle, mercredi matin.