VIDEO. L'ultime recours de Serge Atlaoui rejeté par la justice indonésienne

JUSTICE Le Français a été arrêté il y a dix ans pour trafic de drogue et condamné à mort...

20 Minutes avec AFP

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Serge Atlaoui et son avocate Nancy Yuliana au tribunal le 1er avril 2015 à Tangerand près Jakarta
Serge Atlaoui et son avocate Nancy Yuliana au tribunal le 1er avril 2015 à Tangerand près Jakarta — ROMEO GACAD AFP

La Cour suprême d'Indonésie a rejeté ce mardi l'ultime recours d'un Français condamné à mort. Serge Atlaoui avait déposé un ultime recours en révision devant la Cour suprême sur cette condamnation à mort.

Son exécution, en même temps que celle d'autres étrangers, pourrait être rapide. Les autorités indonésiennes ont déjà préparé une deuxième liste de condamnés à fusiller, après les exécutions de janvier, les premières depuis 2013.

Si Serge Atlaoui était passé par les armes, il serait le premier Français à être exécuté en 38 ans, selon l'ONG Ensemble contre la peine de mort.

Son avocat est «effondré»

«Je suis effondré», a réagi auprès de 20 Minutes Me Richard Sédillot, l'avocat français de Serge Atlaoui. «C’est une décision incompréhensible. On ignore pourquoi les nouvelles pièces que nous avons présentées ont été rejetées et pourquoi la Cour n’a même pas voulu entendre nos témoins», a-t-il poursuivi.

Serge Atlaoui, 51 ans, a été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy dans la banlieue de Jakarta, et condamné en 2007 à la peine capitale pour trafic de drogue. Cet artisan soudeur a toujours clamé son innocence, affirmant n'avoir fait qu'installer des machines dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique.

Réaction de la France

Dans l'affaire Atlaoui, huit autres individus arrêtés en même temps que le Français ont également été condamnés à mort. L'ambassadeur de France à Jakarta a averti vendredi l'Indonésie que la possible exécution d'un Français condamné à mort pour trafic de drogue aurait des «conséquences» sur les relations bilatérales.

La législation antidrogue de ce pays d'Asie du Sud-Est est l'une des plus sévère au monde. Le président Joko Widodo, qui a pris ses fonctions en octobre dernier, a rejeté toutes les demandes de grâce de condamnés à mort pour trafic de drogue, estimant que son pays était dans une situation d'urgence face aux produits stupéfiants qui font des dizaines de morts chaque jour.