Auschwitz: Oskar Gröning demande «pardon» aux victimes à son procès

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Oskar Gröning, l'ancien comptable d'Auschwitz, lors de son procès le 21 avril 2015 à Lunenbourg
Oskar Gröning, l'ancien comptable d'Auschwitz, lors de son procès le 21 avril 2015 à Lunenbourg — RONNY HARTMANN POOL

Oskar Gröning, l'ancien comptable d'Auschwitz jugé en Allemagne pour «complicité de 300.000 meurtres aggravés», a demandé «pardon» aux victimes du camp de concentration, à l'ouverture de son procès mardi à Lunebourg (nord).

 

«Pour moi, il ne fait aucun doute que je partage une culpabilité morale», a déclaré l'ancien SS, âgé de 93 ans, qui a reconnu avoir été au courant de l'extermination des Juifs dès son arrivée au camp. «Je demande pardon», a-t-il ajouté. «Concernant la question de la responsabilité pénale c'est à vous de décider», a-t-il dit à ses juges, alors qu'il encourt 3 à 15 ans de prison.

PROCES. Oskar Gröning, Waffen SS, comptable d’Auschwitz

Vêtu d'un pull sans manches et d'une chemise blanche rayée, lunettes dorées, le vieil homme est entré dans la salle d'audience, appuyé sur ses deux avocats, avant de soulever son déambulateur d'un geste vif pour s'installer. Sa déposition, d'une voix assurée, a occupé l'essentiel de la matinée.

L'audience, déplacée dans une salle de spectacle en raison de l'afflux de médias du monde entier et de la présence de 67 parties civiles - des rescapés et descendants de victimes -, s'est ouverte par la prestation de serment de trois interprètes, assurant une traduction simultanée des débats en anglais, hébreu et hongrois.

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Après la lecture de l'acte d'accusation, Gröning a décliné son identité puis raconté par le menu son engagement volontaire dans les Waffen SS, en octobre 1940, son premier poste dans l'administration puis son transfert à Auschwitz en 1942, où il devait collecter et trier l'argent des déportés pour l'envoyer à Berlin.

Décrivant la vie quotidienne à Auschwitz, il s'est efforcé de distinguer son travail de celui des gardiens directement impliqués dans l'extermination, assurant que sa tâche consistait notamment à «éviter les vols» dans les bagages des déportés, objets d'un important «marché noir» au sein du camp.

Il a rappelé avoir à trois reprises réclamé son transfert au front, en vain, avant d'obtenir gain de cause à l'automne 1944. Sa déposition devait se poursuivre à partir de 11H00 GMT avec les questions du tribunal.

Eva Kor, 81 ans, une survivante d'Auschwitz venue des Etats-Unis pour assister au procès, a perdu ses parents et deux soeurs dans le camp. Même si elle considère Gröning comme un «meurtrier» pour sa participation à «un système de meurtres de masse», elle a apprécié ses efforts.  «Le fait de le voir en face me fait réaliser qu'il fait de son mieux avec son corps et son esprit, car il a beaucoup de difficultés physiques et certainement émotionnelles», a-t-elle confié à des journalistes.