VIDEO. Allemagne: Le procès de l'ancien comptable d'Auschwitz s'ouvre

JUSTICE Alors jeune homme, ce nazi travaillait dans le camp d'Auschwitz...

20 Minutes avec AFP

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Oskar Gröning dans un documentaire la BBC. Lancer le diaporama
Oskar Gröning dans un documentaire la BBC. — BBC / YouTube

Soixante-dix ans après la libération des camps de concentration, le procès de l'ancien comptable d'Auschwitz s'ouvre ce mardi à Lunebourg, dans le nord de l'Allemagne, et pourrait être le dernier d'un ancien nazi.

Devant l'affluence médiatique et le nombre de parties civiles - 67 rescapés et descendants de victimes défendus par 14 avocats -, l'audience se tiendra dans un bâtiment loué pour l'occasion, et se poursuivra au moins jusqu'au 29 juillet.

Oskar Gröning, veuf de 93 ans qui se déplace avec difficulté, comparaît pour « complicité de 300.000 meurtres aggravés ». On l'accuse d'avoir contribué à la mort dans les chambres à gaz de 300.000 Juifs hongrois déportés entre mai et juillet 1944 vers le camp d'Auschwitz, en Pologne occupée, devenu le symbole mondial de la Shoah.

Dernier procès d'un nazi

Il encourt à ce titre 3 à 15 ans de prison, bien que certaines parties civiles aient fait connaître leur préférence pour une peine plus adaptée à son âge, comme des « travaux d'intérêt général pour raconter son passé dans les écoles ».

Son procès est le dernier prévu d'un ancien nazi. Une douzaine d'enquêtes préliminaires sont en cours en Allemagne mais leurs chances d'aboutir sont compromises par l'âge des suspects.

Au delà de son sort, l'enjeu « est de fixer une norme juridique, qui est aussi morale et politique: Qu'est-ce qui est permis et qu'est-ce qui est interdit ? », estime l'historien Andreas Sander, du musée de la Topographie de la Terreur à Berlin.

Pour la justice allemande, accusée d'avoir faiblement sanctionné les criminels nazis, il s'agit de réfléchir aux « marges de manoeuvre » que conservaient les agents d'un régime totalitaire, analyse l'historien.

« Combattre le négationnisme »

« Ce que j'espère entendre, c'est qu'avoir contribué à une machine de mort (...) est un crime. Ainsi, à l'avenir, plus personne ne pourra faire ce qu'il a fait en se prétendant innocent », confie Hedy Bohm, survivante d'Auschwitz venue de Toronto, au Canada.

Engagé dans les Waffen SS en 1941, transféré dans l'administration d'Auschwitz en 1942, Gröning jure n'avoir « jamais donné une gifle » à quiconque. L'accusation le dépeint en « rouage » de l'extermination. On lui reproche d'avoir trié les devises des déportés pour les envoyer à Berlin et d'avoir assisté au moins une fois à la « sélection » séparant, à l'entrée du camp, les déportés jugés aptes au travail de ceux qui étaient immédiatement tués.

Revenu vivre en Allemagne après la guerre, l'ancien comptable ne s'est jamais caché. Avant d'être rattrapé par la justice, ce comptable a longuement raconté dans la presse et à la télévision son passé à Auschwitz, expliquant vouloir « combattre le négationnisme ».