Cuba: Pour la première fois, deux opposants se présentent aux élections, parmi 27.000 candidats

CUBA D'après les observateurs, c'est un signe de la libéralisation politique de l'île, au moins en apparence...

M.C.

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Les biographies de deux candidats aux élections municipales cubaines sont affichées à la Havane, à côté d'un portrait du président vénézuélien, le 17 avril 2015.
Les biographies de deux candidats aux élections municipales cubaines sont affichées à la Havane, à côté d'un portrait du président vénézuélien, le 17 avril 2015. — Desmond Boylan/AP/SIPA

C'est une première depuis que le gouvernement a passé sa loi électorale, il y a plus de quarante ans. Deux opposants au régime des frères Castro figureront parmi les plus de 27.000 candidats aux élections municipales dimanche, alors que les partis politiques, y compris le Parti communiste, ont interdiction de faire campagne pour les élections.

«C'est déjà un accomplissement, même si rien n'en sort», déclare Hildebrando Chaviano, 65 ans, candidat dans un quartier du centre de la Havane. «Il faut aller au-delà de la dénonciation et chercher des moyens de régler les problèmes que nous rencontrons», juge-t-il. C'est «la maturité qu'a atteinte le peuple cubain» qui a décidé cet avocat et journaliste indépendant à se lancer. Selon les observateurs, c'est un signe tangible de la libéralisation politique de l'île, au moins en apparence.

Les deux candidats taxés de «contre-révolutionnaires»

Yuniel Lopez, un informaticien de 26 ans, militant du parti illégal Cuba indépendant et démocratique, regrette quant à lui que depuis le jour de sa candidature, «les autorités n'ont pas cessé de faire campagne contre» lui dans son quartier du sud de La Havane.

Les deux candidats ont critiqué l'emploi du terme «contre-révolutionnaire» pour les désigner dans leurs biographies affichées par les autorités dans les centres électoraux, seul moyen officiel de se présenter aux électeurs. Ils estiment qu'il s'agit d'une manoeuvre destinée à dissuader les électeurs de voter pour eux.

Le pouvoir affirme que le système électoral, datant de 1976, est «le plus démocratique et transparent», mais l'opposition, illégale, le dénonce, assurant que si le Parti communiste (unique) ne présente officiellement pas de candidats, il s'assure par son influence et le nombre de ses militants qu'aucun opposant ne soit élu.