Attentats de Boston: Les parents d'une victime contre la peine de mort

JUSTICE Dans une lettre, Bill et Denise Martin se disent en faveur d'un accord qui verrait Djokhar Tsarnaev finir ses jours en prison s'il renonce à tous ses droits de faire appel...

20 Minutes avec AFP

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Djokhar Tsarnaev (au centre) lors de son procès à Boston, le 5 mars 2015.
Djokhar Tsarnaev (au centre) lors de son procès à Boston, le 5 mars 2015. — Jane Flavell Collins/AP/SIPA

Djokhar Tsarnaev va-t-il réussir à échapper la peine de mort? Les parents de la plus jeune victime des attentats de Boston de 2013, un garçon de 8 ans, ont demandé vendredi aux procureurs d'«abandonner la peine de mort» que ces derniers souhaitent contre l'auteur du carnage Djokhar Tsarnaev.

Dans une lettre émouvante publiée par le quotidien Boston Globe, Bill et Denise Martin se disent en faveur d'un accord qui verrait Djokhar Tsarnaev, 21 ans, finir ses jours en prison, sans possibilité de libération, s'il renonce à tous ses droits de faire appel.

«Pour arrêter la douleur, abandonnez la peine de mort»

Le jeune musulman d'origine tchétchène, citoyen américain depuis 2012, a été reconnu coupable des attentats le 8 avril dernier. La deuxième phase de son procès, pour déterminer sa peine -réclusion à perpétuité ou peine de mort- doit commencer mardi au tribunal fédéral de Boston.

«L'accusé a assassiné notre fils de 8 ans, mutilé notre fille de 7 ans, et volé une partie de notre âme. Nous savons que le gouvernement a ses raisons pour demander la peine de mort, mais la poursuite de cette punition pourrait conduire à des années d'appels, et prolonger le fait de revivre le jour le plus douloureux de notre vie. Nous espérons que nos deux autres enfants n'auront pas à grandir hantés par le rappel de ce que l'accusé leur a pris, ce qui sera sans nul doute le cas s'il y a des années d'appel», ont écrit Bill et Denise Martin.

«Pour arrêter la douleur, abandonnez la peine de mort», demandent-ils.

Jane a été sauvée, mais amputée d'une jambe

«Nous exhortons le ministère de la Justice de mettre fin à l'affaire», ajoutent-ils, se disant pour qu'il «retire la peine de mort de la table, en échange d'une peine de prison à vie sans possibilité de libération et d'un abandon par l'accusé de tous ses droits d'appel».

Leur fils Martin avait été éviscéré par la bombe déposée par Djokhar Tsarnaev, son petit corps criblé d'éclats. Dans un témoignagne bouleversant, Bill Martin avait raconté durant la première phase du procès comment il avait tout de suite vu que Martin ne pourrait pas être sauvé, et avait choisi de partir à l'hôpital avec sa soeur Jane, grièvement blessée pour ne pas la perdre aussi. Elle a été sauvée, mais amputée d'une jambe.

La procureure fédérale Carmen Ortiz a indiqué en réponse qu'elle était tenue à la confidentialité et «ne pouvait donc pas commenter» le contenu de cette lettre. «Mais je l'ai déjà assuré à la fois à Bill et Denise, je me soucie profondément de leur point de vue et de celui des autres victimes et survivants », a-t-elle écrit dans un communiqué.