Combats mortels entre l'armée et des extrêmistes palestiniens

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Trois combattants du Fatah al-Islam et un civil ont été tués dimanche à Tripoli, dans le nord du Liban, lorsque l'armée a pris d'assaut un immeuble où étaient retranchés des hommes du groupe extrémiste palestinien.

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Au moins onze personnes avaient déjà trouvé la mort plus tôt ce dimanche dans le nord du Liban où des combats, les plus violents depuis des années dans cette région, ont éclaté entre forces de l'ordre et militants du groupuscule palestinien Fatah al-Islam, réputé proche d'Al-Qaida.

«Sept soldats libanais et quatre combattants du groupuscule extrémiste palestinien Fatah al-Islam ont été tués» dans les accrochages qui ont éclaté dans la nuit à Tripoli, ville portuaire à majorité sunnite, et à l'abord du camp de réfugiés palestiniens voisin de Nahr al-Bared, a indiqué à l'AFP le chef des Forces de sécurité libanaises (FSI), le général Achraf Rifi.

Une source palestinienne a fait état d'au moins 15 blessés dans les rangs palestiniens.
La situation restait très instable en milieu de journée dans le nord, notamment aux abords du camp palestinien où les accrochages à l'arme lourde se poursuivaient.

A Beyrouth, le chef de la majorité parlementaire antisyrienne, Saad Hariri, a appelé au calme, soulignant son soutien à l'armée et demandant à la population de Tripoli de coopérer avec elle.

L'armée a pour sa part indiqué qu'une embuscade contre une patrouille de soldats dans la région littorale de Qalamoun, près de Tripoli, avait fait un «certain nombre de morts et de blessés».

Le député du nord du pays, Moustapha Hachem, a accusé la Syrie d'attiser la tension «alors que le Conseil de sécurité de l'ONU se prépare à voter une résolution créant un tribunal spécial pour juger les assassins du dirigeant libanais Rafic Hariri», dans une déclaration à l'AFP.

Le chef du Fatah au Liban, Sultan Aboul Aynaïn, a apporté dimanche son «soutien à l'armée libanaise», appelant à ne pas faire porter aux Palestiniens la responsabilité des actions du Fatah al-Islam. «Ces gens utilisent le camp de Nahr al-Bared pour mener des opérations à des fins de politique régionale qui ne concernent pas les Palestiniens.»

Le camp de réfugiés palestiniens Nahr al-Bared est le bastion du Fatah al-Islam, un groupuscule lié à Al-Qaida et proche de Damas, composé d'extrémistes palestiniens et d'autres nationalités arabes, qui avait annoncé sa création en novembre 2006.
Les forces de l'ordre libanaises ne sont pas autorisées à entrer à l'intérieur des camps.