Afrique du Sud: Le président Zuma appelle «à l'arrêt des violences» xénophobes

SOCIETE Tandis que 4.000 personnes ont manifesté à Durban...

20 Minutes avec agences

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Soixante-deux personnes ont été tuées et 670 blessées en Afrique du Sud au cours de la récente vague de violences xénophobes, a indiqué samedi la police révisant à la hausse un précédent bilan de 56 morts.
Soixante-deux personnes ont été tuées et 670 blessées en Afrique du Sud au cours de la récente vague de violences xénophobes, a indiqué samedi la police révisant à la hausse un précédent bilan de 56 morts. — Gianluigi Guercia AFP/Archives

L'Afrique du Sud se mobilise contre les violences xénophobes qui ont fait six morts ces dernières semaines à Durban et qui semblent s'étendre à Johannesburg depuis mercredi. Devant le Parlement, le président sud-africain Jacob Zuma a lancé un appel au calme lors d'une allocution solennelle devant le parlement. «Nous condamnons les violences dans les termes les plus forts. Nous appelons au calme et à l'arrêt des violences», a-t-il dit devant les députés, qualifiant de «choquantes et inacceptables» les attaques xénophobes.

Un peu plus tôt, près de 4.000 personnes ont manifesté, ce jeudi à Durban (Afrique du Sud)contre la vague de violence xénophobe. Réunis dans le stade municipal Curries Fontein de Durban, les manifestants ont réagi à l’appel des autorités locales et régionales, alors que des magasins tenus par des étrangers ont à nouveau été violemment pillés, mercredi soir, à Johannesbourg.

«Nous essayons de faire la paix avec ces gens qui viennent d'Afrique»

Après des prières et des discours, le cortège des manifestants, composé de marcheurs noirs et blancs, brandissant des pancartes pacifiques, en scandant «Nge xenophobia Phansi!» («A bas la xénophobie») et «Hlanganai maAfrika!» («Afrique unie» en zoulou), s’est dirigé vers le centre-ville et la mairie de la capitale du pays. Tout au long de cette marche, les leaders religieux et politiques tenaient les drapeaux des 54 pays d'Afrique.

Venu dans l'un de ces mini-bus mis à disposition par la municipalité, Eric Machi, se désole d'autant plus de la situation qu'il louait des logements à 4 familles de Zimbabwéens et Malawites. «Nous essayons de faire la paix avec ces gens qui viennent d'Afrique. Ils étaient mes locataires et maintenant ils sont partis. Ils travaillaient. Je ne sais pas ce qu'ils faisaient mais ils payaient régulièrement», explique cet électricien de 34 ans, au chômage et père de deux enfants, avant d'ajouter: «Je suis mal, parce que ces gens nous aidaient à tenir le coup tant que je n'ai pas de travail».

Entre «haine de l'étranger» et «jalousie»

Ali Abdi, un vendeur de vêtements somalien de Durban, 38 ans, venu s'approvisionner chez un grossiste du centre-ville raconte: «Régulièrement, ça explose. En ce moment c'est calme, mais à tout moment, cela peut arriver. Il n'y a pas juste une seule raison à ça. En partie, c'est la haine de l'étranger, surtout Africain. En partie, c'est de la jalousie.»

Alors que les violences semblaient avoir cessé à Durban depuis ce mardi, des incidents ont éclaté tard, ce mercredi, dans un faubourg de Johannesburg, après des échauffourées dans le centre-ville, le matin. L'ANC, le parti au pouvoir, a condamné dans des termes virulents cette nouvelle explosion de violence

Le roi Goodwill Zwelithini, chef spirituel de 12 millions de Zoulous, est accusé d'avoir attisé les violences par des déclarations, en mars, où il estimait que les immigrants illégaux devaient «faire leurs bagages et quitter le pays». Après Durban et le township de Soweto, la tension a gagné depuis quelques jours Johannesburg, où vivent de très importantes communautés étrangères africaines, et où les flambées de violence xénophobes sont récurrentes. Comme à Soweto, en janvier, les violences ont démarré par le pillage d'échoppes tenues par des étrangers.