VIDEO. Corée du Sud: Tristesse et colère toujours vives, un an après le naufrage du ferry «Sewol»

COREE DU SUD La catastrophe avait fait 304 morts le 16 avril 2014, dont 250 lycéens qui se rendaient en voyage scolaire...

Mathias Cena

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Un an après, des familles des victimes se rendent sur les lieux du naufrage du ferry qui a fait 304 morts en Corée du Sud, le 15 avril 2015.
Un an après, des familles des victimes se rendent sur les lieux du naufrage du ferry qui a fait 304 morts en Corée du Sud, le 15 avril 2015. — NEWSCOM/SIPA

Le ferry sera renfloué comme l’exigeaient les familles des victimes, a annoncé ce jeudi la présidente sud-coréenne. Le moral national, lui, est toujours au plus bas, un an après le naufrage du Sewol avec 476 personnes à son bord, le 16 avril 2014. La catastrophe avait fait 304 morts, dont 250 lycéens qui se rendaient en voyage scolaire sur l’île de Jeju, une destination touristique très courue au sud de la péninsule.

Mercredi, les proches des victimes se sont recueillis sur les lieux de la tragédie, jetant dans les eaux de la mer Jaune fleurs blanches et affaires ayant appartenu aux défunts. Là, dans les eaux calmes au large de l’île de Jindo, une balise signale l’endroit où repose le navire, par 40 mètres de fond. «Nous voulons simplement que la mort de nos enfants soit l'occasion de créer une société plus sûre où personne n'aurait plus besoin d'éprouver une telle douleur», expliquait Chun Myeong-Sun, qui a perdu son fils adolescent.

Un an après, des familles des victimes se rendent sur les lieux du naufrage du ferry qui a fait 304 morts en Corée du Sud, le 15 avril 2015. - Ahn Young-joon/AP/SIPA

 

Seuls des membres d'équipage ont été jugés et condamnés

Un an après, c’est loin d’être le cas. L’enquête a pourtant établi la responsabilité des propriétaires du navire, qui n’ont pas respecté les règles de sécurité, de l’équipage, dont la majorité a fui au moment du naufrage, des garde-côtes, qui n’ont pas réagi assez vite une fois l’alerte donnée, et du gouvernement, qui n’a pas réussi à coordonner les secours de manière efficace. Le tout sur fond de corruption de fonctionnaires et de collusion entre les autorités de réglementation et les entreprises privées.

Mais pour l'heure, à l'exception du directeur général de l'armateur, seuls des membres d'équipage ont été jugés et condamnés. Le capitaine, Lee Joon-Seok, a été condamné à 36 ans de réclusion en première instance. Le parquet a requis la peine de mort à son encontre lors du procès en appel. Cela n’a pas suffi à restaurer la confiance des Sud-Coréens dans leurs institutions et leurs dirigeants, fréquemment mis en cause dans des scandales.

Scandales de corruption

A bout de patience, des familles de victimes ont voulu en découdre avec les forces de l'ordre samedi dernier à Séoul, lors d'une manifestation pour réclamer une enquête indépendante sur le drame. «N'arrêtez pas cette marche pacifique», scandaient les manifestants, dont certains portaient des pancartes avec le slogan «Sauvez la vérité», pendant que les premiers rangs du cortège affrontaient la police.

Une manifestation à Séoul le 11 avril 2015, un an après le naufrage du ferry qui a fait plus de 300 morts. - Lee Jin-man/AP/SIPA

 

La constitution d'une commission d'enquête indépendante a finalement été votée par le Parlement sud-coréen en novembre dernier, après des mois de querelles politiques. Mais les familles des passagers décédés ou disparus accusent le gouvernement de chercher à influencer les travaux de cette commission en décidant des postes-clés. Et comme un symbole, à la veille de l’anniversaire de la catastrophe mercredi, un nouveau scandale de corruption a été révélé, qui met en cause des proches de la présidente.

 

Pour mémoire voici notre vidéo le jour du drame