VIDEO. Sans autorisation, la Chine construit des îles dans une zone stratégique

POLEMIQUE Des changements ont été observés au niveau de la barrière de corail, dans les îles Spratly...

Marie Tissier

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A gauche, une image satellite du site de Mischief Reef prise le 24 janvier 2012. A droite, une autre prise le 16 mars 2015. On voit clairement l'apparition d'îles sur la barrière de corail.
A gauche, une image satellite du site de Mischief Reef prise le 24 janvier 2012. A droite, une autre prise le 16 mars 2015. On voit clairement l'apparition d'îles sur la barrière de corail. — AFP PHOTO / CSIS Asia Maritime Transparency Initiative / DigitalGlobe

Les Chinois n'ont prévenu personne. Ni les Etats-Unis, ni les Philippines, ni le Brunei, ni le Vietnam, ni la Malaisie... Pourtant tous sont concernés puisque ces Etats se disputent la propriété des eaux concernées.
Selon des prises de vues aériennes de DigitalGlobe datant du 16 mars, «la Chine est en train de créer une grande muraille de sable avec des bulldozers et des dragueurs de sable», a expliqué l'amiral Harry Harris, commandant de la flotte du Pacifique de l'US Navy. Propos relayés par Le Figaro.

Installer des bases militaires

Pékin construirait en effet des polders dans la mer de Chine méridionale: sur la barrière de corail, du sable blanc est propulsé à la surface, créant ainsi des îles artificielles ensuite consolidées par des constructions en dur, et notamment, des bases militaires maritimes y sont en cours de construction. Celles-ci pourront ensuite être utilisées comme postes avancés par l'Armée populaire de libération (APL) pour manœuvrer lors d'hypothétiques confrontations militaires provoquées par les disputes territoriales dans les îles Spratly, rappelle encore lefigaro.fr.

Et depuis janvier, le chantier de dragage de sable provenant du récif Mischief Reef s'est accéléré. La masse terrestre est de plus en plus étendue et des bâtiments en dur ont déjà remplacé les petites cabanes.

Une zone riche en pétrole et en gaz

La Chine revendique depuis des années la propriété de la mer de Chine du Sud. Mais elle n'est pas seule à avoir un intérêt pour cette zone, constituée de roches, de récifs et de petits îlots. C'est que la mer de Chine du Sud est riche en pétrole et en gaz, et est aussi un passage maritime stratégique.

Ce dernier chantier ne plaît donc pas aux Etats-Unis. La semaine dernière, Barack Obama aurait déclaré :«Nous sommes inquiets quand la Chine ne se tient pas aux normes et aux règles internationales, et quand elle utilise sa considérable taille et ses muscles pour contraindre des Etats à adopter une attitude de subordination.» Ajoutant :«Nous pensons que cela peut être réglé par la voie diplomatique, mais le seul fait que les Philippines ou le Vietnam ne soient pas aussi vastes que la Chine ne doit pas les vouer à être poussés du coude.» Le gouvernement philippin accusait fin mars la Chine de vouloir contrôler la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale. De son côté, Pékin a réaffirmé vendredi son droit à poursuivre ces constructions.