USA2016: Jour J pour la candidature d'Hillary Clinton à la présidentielle américaine

POLITIQUE L'ancienne Première dame et ex-secrétaire d'Etat de Barack Obama devrait officialiser sa candidature à l'investiture démocrate via les réseaux sociaux...

B.D. avec AFP

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La démocrate Hillary Clinton lors d'un débat à Washington, le 26 mars 2015
La démocrate Hillary Clinton lors d'un débat à Washington, le 26 mars 2015 — NICHOLAS KAMM AFP

La démocrate Hillary Rodham Clinton, 67 ans, ancienne Première dame et ex-secrétaire d'Etat, devrait franchir ce dimanche le point de non retour en annonçant sa candidature à la présidentielle de 2016, déterminée à briser le plus haut des plafonds de verre en devenant la première femme à diriger les Etats-Unis.

C'est par les réseaux sociaux -peut-être via un tweet- qu'elle devrait -selon des médias américains- officialiser une candidature à l'investiture démocrate préparée depuis des mois, voire depuis sa défaite aux primaires de 2008. Une vidéo de lancement de campagne sur ses orientations politiques, très axée sur l'économie, pourrait aussi accompagner ce démarrage, selon les médias américains.

Préparatifs

Son entourage reste muet, mais les préparatifs vont bon train pour ses premiers déplacements attendus dans l'Iowa et le New Hampshire, les deux Etats qui pèsent démesurément dans toute course à l'investiture. «Notre but: donner à chaque famille, chaque petite entreprise et chaque Américain le moyen d'atteindre une prospérité durable en élisant Hillary Clinton la prochaine présidente des Etats-Unis», écrit le directeur de campagne Robby Mook dans un document interne récupéré par Politico samedi.

Coup de pouce opportun, le président Barack Obama a déclaré depuis le Panama qu'elle ferait «une excellente présidente», à l'issue du Sommet des Amériques. Cette fois, le chemin de l'investiture est dégagé. Aucun autre démocrate n'est plus connu, ni plus apprécié qu'elle, à en croire les sondages qui la placent à environ 60% des intentions de vote des primaires, qui débuteront début 2016. La présidentielle sera en novembre de cette même année.

Si d'autres démocrates se lançaient, ce serait sans réel autre espoir que de faire bonne impression pour être recruté comme colistier. Aucune personnalité d'envergure, comme le vice-président Joe Biden ou la sénatrice Elizabeth Warren, ne s'est déclarée, et seul deux démocrates peu connus (l'ex-gouverneur Martin O'Malley et l'ex-sénateur Jim Webb) semblent décidés à concurrencer Hillary Clinton.

Nouveau visage

Les amis de l'ex-secrétaire d'Etat préparent le terrain depuis deux ans, et l'annonce de sa candidature devrait déclencher un afflux considérable de fonds. L'organisation indépendante Ready for Hillary a d&jà levé plus de 15 millions de dollars et identifié 4 millions de sympathisants.

Son CV est à la fois sa force et son talon d'Achille. La vie d'Hillary Clinton est indissociable du pouvoir: ancienne Première dame, sénatrice et chef de la diplomatie. «C'est sans précédent d'avoir une femme, n'ayant pas servi dans l'armée, et ayant plus d'expérience de politique étrangère que tous les candidats à la présidentielle de l'histoire récente à l'exception peut-être de George W. Bush», selon Shawn J. Parry-Giles, professeure de communication à l'Université du Maryland et auteure d'un livre sur l'image d'Hillary Clinton.

Mais cette riche expérience s'accompagne d'erreurs, d'affaires et de scandales, dès les premières années des Clinton au pouvoir. Bill Clinton fut élu gouverneur de l'Arkansas en 1978. Les républicains piochent inlassablement dans la litanie des scandales, de Monica Lewinsky aux attaques de Benghazi à la récente découverte de la messagerie privée d'Hillary Clinton, pour déclarer que les Américains veulent tourner la page et élire un nouveau visage.

 

Le candidat républicain Rand Paul a promis dans une interview sibylline des révélations imminentes sur des conflits d'intérêts supposés à la Fondation Clinton. Il n'hésite pas à parler de la «corruption» des Clinton. En politique étrangère, le bilan des années Obama-Clinton est, selon les républicains, un échec, avec l'émergence de l'organisation Etat islamique, les guerres civiles en Syrie et en Ukraine et le chaos yéménite.

Tel est le défi d'Hillary Clinton: reprendre le flambeau démocrate sans proposer aux Américains un troisième mandat Obama. Face à elle, le champ républicain est aussi plein que le champ démocrate est vide. Une douzaine d'hommes, et une femme, devraient se disputer l'investiture. Deux se sont déclarés officiellement, les sénateurs Ted Cruz et Rand Paul. Un troisième devrait le faire lundi à Miami, le sénateur Marco Rubio, d'origine cubaine. Quant à Jeb Bush, en tête des sondages des primaires à ce stade très préliminaire, il continue d'entretenir la fiction qu'il n'est pas candidat, bien qu'il lève des fonds à un rythme effréné.