Elections du peu d'espoir en Algérie

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Quelque 19 millions

d'Algériens sont appelés aux urnes demain pour renouveler les 389 députés de leur As­semblée nationale, mais combien voteront ? Sans doute pas autant que le dira le pouvoir. « Les Algériens ne sont pas dupes, dénonce Moham­med Sifaoui, qui vient de publier Combattre le terrorisme islamiste (éd. Grasset). Ces élections ne sont que la vitrine démocratique dont le président Ab­delaziz Bou­teflika et son gouvernement ont besoin. »

Pour Lyes La­ribi, auteur de L'Algérie des généraux (éd. Max Mi­lo), la vie politique n'existe plus depuis les années 1990, empêchée par l'al­liance de l'exécutif et de l'armée. Les membres des trois partis de l'Alliance présidentielle - le Front de libération nationale (FLN), le Rassem­blement national démocratique (RND) et le Mouvement de la société de paix (MSP) -, qui ont souscrit à la « feuille de route » du président Ab­delaziz Bou­teflika, devraient donc sans difficulté se voir renouveler leurs mandats.

Cinq semaines après les attentats du 11 avril, qui ont fait 30 morts et plus de 200 blessés, « la tenue de ce scrutin témoigne de la permanence de l'Etat algérien face au terrorisme islamiste », souligne tout de même Selma Belaala, chercheur à l'IEP de Paris. Même si pour les civils, ces attentats revendiqués par l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat, devenu Al-Qaida au Maghreb, « sont aussi la preuve que la politique de réconciliation me­née par Bouteflika après la guerre civile a échoué ». Sel­ma Belaala évoque d'ail­leurs un climat de « déception et d'ai­greur » au sein d'une population de plus en plus pauvre, « où les classes moyen­nes ont quasiment disparu ».

femmes Sur les bancs de l'Assemblée nationale algérienne, la mandature sortante comptait seulement 24 femmes sur 389 députés soit 6 %. Les voisins font un peu mieux avec 8 % au Maroc et 28 % en Tunisie.