Comment le Rafale a convaincu les acheteurs de sortir le carnet de chèques

ARMEMENT En visite en France, le Premier ministre indien a annoncé l’achat de 36 avions de chasse construits par Dassault…

William Molinié

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Un Rafale de retour d'une mission en Irak s'apprête à se poser sur le pont du porte-avions Charles de Gaulle le 26 février 2015
Un Rafale de retour d'une mission en Irak s'apprête à se poser sur le pont du porte-avions Charles de Gaulle le 26 février 2015 — Patrick Baz AFP

Sur le papier, le Rafale était le plus performant. Mais il aura fallu treize années après sa mise en service dans la Marine pour que l’avion de combat tricolore trouve une première commande à l’export. C’était il y a quelques semaines, début février, avec les Egyptiens. Une première conquête qui a conforté l’intérêt de prétendants. Comme les Indiens qui viennent de confirmer l'achat de 36 avions de combat d ela firme Dassault.

Longtemps accolé au «French bashing», souvent par jalousie, le Rafale est pourtant, en dépit des mauvaises langues, le «meilleur» avion de chasse au monde. Ultra-polyvalent, il remplit des fonctions de défense aérienne, de reconnaissance, d’attaques de précisions et de missions nucléaires. Un véritable couteau-suisse volant qui laisse au hangar le Jaguar, le Super Etendard, le Mirage F1 et les Mirage 2000. Mais ces atouts opérationnels exceptionnels ont un coût, jugé excessif au regard de ses principaux rivaux américains (F-16), suédois (Gripen).

Cinq choses que vous ignorez peut-être sur le Rafale...

Le Rafale a fait ses preuves

Le Rafale a dû faire ses preuves. Plus que les autres, peut-être, qui s’étaient illustrés, eux, pendant la guerre du Golfe. C’est au cours de l’intervention en Libye que le jeune avion a montré toute sa fougue. «Le premier raid en Libye a été spectaculaire. Il a prouvé qu’il était pleinement opérationnel», souligne Thierry Vigoureux, journaliste au Point, spécialiste en aéronautique. Quatre Rafale partis de la base de Saint-Dizier mènent alors le plus long raid de l’histoire de l’armée de l’air: 9h35 de vol dont des ravitaillements en l’air.

Mais vendre un avion, c’est surtout vendre… des relations diplomatiques. La Suisse, la Corée, le Brésil, le Maroc jettent leur dévolu sur le dernier-né du groupe Dassault, qui voit les contrats lui passer sous le nez à la faveur de couacs diplomatiques. «Les services de l’Etat n’ont pas été très efficaces», euphémise Thierry Vigoureux.

Une maintenance performante

Le Mali et l’opération Serval ont achevé de convaincre les dubitatifs. «Certains avaient des doutes quant à la résistance des moteurs des Rafale aux températures élevées. Le Qatar, notamment», se souvient le spécialiste. Aujourd’hui, les Emirats arabes unis, l’Égypte, la Malaisie, l’Indonésie, la Belgique, la Finlande et évidemment les Qataris sont des prospects potentiels sérieux. Treize ans après le premier vol du Rafale, le groupe Dassault peut s’appuyer sur un service après-vente, une maintenance et des mises à jour de pointe. Les Indiens, par exemple, ont déjà pu expérimenter le savoir-faire français en se dotant d’une flotte de Mirage 2000.

Un avion de chasse ne s’achète pas sur la consultation d’une fiche signalétique. Le premier contrat signé en début d’année avec l’Egypte a eu comme effet de «faire tomber une barrière psychologique», avait analysé, au lendemain de la signature, Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation.

Cerise sur le gâteau, la baisse de l'euro face au dollar ces derniers mois a su rendre, aux yeux des acheteurs potentiels, le Rafale encore un peu plus attractif