Quels sont les obstacles à la normalisation des relations entre Cuba et les Etats-Unis ?

MONDE Barack Obama et Raul Castro se retrouvent vendredi au Panama pour un sommet historique voué à sceller le rapprochement entre les deux pays…

F.V.
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Les présidents américain Barack Obama et cubain Raul Castro lors de la cérémonie à la mémoire de Nelson Mandela le 17 décembre 2014 à Johannesburg
Les présidents américain Barack Obama et cubain Raul Castro lors de la cérémonie à la mémoire de Nelson Mandela le 17 décembre 2014 à Johannesburg — Roberto Schmidt AFP

Face-à-face historique au Sommet des Amériques ce vendredi. Après la poignée de main échangée fin 2013 en Afrique du sud entre le président américain, Barack Obama, et son homologue cubain Raul Castro, les deux chefs d’Etat vont se retrouver au Panama pour un entretien sans précédent depuis 1956. Les deux pays avaient rompu toute relation diplomatique en 1961 après la révolution socialiste de Fidel Castro.

Si aucune rencontre formelle n’a été annoncée, ces échanges inédits vont venir couronner le rapprochement surprise annoncé en décembre dernier au terme de 18 mois de tractations menées dans le plus grand secret.

Mais de nombreux obstacles demeurent pour parvenir à une normalisation des relations entre les deux pays :

  • La présence de Cuba dans la liste américaine des «Etats soutiens du terrorisme», où le pays figure avec l’Iran, la Syrie et le Soudan. Ben Cardin, démocrate le plus haut placé de la commission des Affaires étrangères du Sénat, a toutefois fait état du dépôt d'une «recommandation du département d'Etat de retirer Cuba de la liste des Etats soutenant le terrorisme». Le retrait de Cuba de cette liste est la principale condition posée par Cuba à la réouverture d'ambassades dans les deux pays, même si Barack Obama a prévenu que cela «prendrait du temps».
     
  • L’embargo économique et financier en vigueur depuis 1962 contre l'île communiste. Malgré la levée ces dernières semaines de sanctions commerciales américaines, les Etats-Unis continuent d’imposer cet embargo, dont Cuba demande inlassablement la levée. Raul Castro a prévenu fin janvier que la normalisation «ne sera pas possible» tant qu’il sera maintenu.
     
  • La base navale américaine de Guantanamo (à l’est de Cuba), occupée par les troupes américaines depuis 1903. Raul Castro a fait savoir que la restitution à La Havane du contrôle de ce territoire de 116 km2 constituait un préalable à la normalisation des relations avec les Etats-Unis.
     
  • Les compensations mutuelles demandées par les deux pays pour les dégâts de l’embargo et la nationalisation de biens américains après la révolution castriste.
     
  • Le Venezuela. Ce pays est un allié de Cuba, mais ses relations avec Washington sont exécrables. Le président Obama a pris en mars de nouvelles sanctions contre des cadres du régime du président Nicolas Maduro, accusés de violations des droits de l'homme. Il avait même dénoncé dans un décret une «menace inhabituelle et extraordinaire contre la sécurité» des Etats-Unis. Cuba avait immédiatement volé au secours de son allié.
     

Le sommet de vendredi «fait partie des négociations en cours» entre La Havane et Washington, explique l’ancien diplomate et universitaire cubain Carlos Alzugaray. Selon lui, «la présence de Raul Castro au sommet n’est pas un aboutissement, mais un début». Les négociations seront longues et âpres pour résoudre les différends hérités de plus d’un demi-siècle d'affrontements.