Obama plus populaire que les Castro à Cuba selon un sondage secret

SONDAGE 80% des Cubains ont une «opinion favorable» du président américain...

20 Minutes avec agences
— 
Le président Barack Obama s'apprête à décoller pour la Jamaïque et le Panama à bord d'Air Force One, le 8 avril 2015
Le président Barack Obama s'apprête à décoller pour la Jamaïque et le Panama à bord d'Air Force One, le 8 avril 2015 — MANDEL NGAN AFP

Barack Obama est largement plus populaire à Cuba que les frères Castro. C'est le résultat d'un sondage «top secret» réalisé sur l'île de Cuba en mars par un institut américain pour le Washington Post. Quelque 80% des sondés ont une «opinion favorable» du président américain, et seulement 17% en ont une «mauvaise image». Alors que Raul Castro, le leader cubain, ne s'attire, lui, que 47% d'avis positifs, contre 48% d'opinions défavorables. Son frère, Fidel Castro, recueille 44% d'opinions favorables et 50% d'avis négatifs.

L'enquête porte plus largement sur le processus de normalisation des relations cubano-américaines entamé en décembre. A ce propos, 97% des personnes interrogées estiment ainsi que ce réchauffement diplomatique bénéficiera à leur pays.Par ailleurs, 96% des Cubains souhaitent la levée de l'embargo commercial que les Etats-Unis maintiennent contre leur île depuis un demi-siècle, alors que 79% d'entre eux se disent insatisfaits du système économique cubain (19% de satisfaits). De même, les personnes interrogées sont 53% à se dire «insatisfaits du système politique» et une majorité d'entre elles (58%) a une opinion défavorable du parti communiste.

Etude pilote

Toutefois, la manière dont ce sondage a été réalisé dans un des pays parmi les plus surveillés peut interroger. C'est pourquoi l'institut de sondage Bendixen & Amandi International et le Washignton Post, commanditaire de l'étude avec la chaîne Univision, ont expliqué leur méthodologie. Le quotidien américain insiste sur le fait que le principal «obstacle» à cette étude est la forte répression contre les dissidents sur l'île. D'où le fait qu'elle a été réalisée à l'insu des autorités cubaines.

Avant cette grande enquête, une étude pilote avait été menée sur sept jours pour s'assurer de la faisabilité du sondage et du respect de la confidentialité des réponses et de leur identité. Il a été promis aux Cubains qui ont accepté de répondre que leurs réponses seraient analysées dans leur ensemble et qu'elles ne seraient pas révélées individuellement.

Réponses originelles supprimées

Bendixen & Amandi International explique qu'ils n'ont pas pu procéder à des enquêtes par téléphone, comme c'est souvent l'usage, en raison du faible taux d'équipement. Les entretiens ont donc été menés en tête à tête, par des résidents cubains, entraînés par des membres de l'institut de sondage.

Selon un procédé assez complexe, les chercheurs ont déterminé la manière d'obtenir un échantillon le plus représentatifs tant du point de l'âge, l'origine sociale, du niveau de vie ou de la localisation et ont interrogé au total 1.200 personnes. Les enquêteurs ont enregistré les interviews sur des «appareils électriques portatifs». «Les réponses ont ensuite été téléchargées sur les ordinateurs portables et mises sur un serveur situé hors du pays. Les données ont été compilées par B & A, et les réponses originelles sur les appareils électriques portatifs ont été supprimées», précise le Washington Post.

Au final, estime l'institut, la marge d'erreur est inférieure à 3% et l'étude est fiable à 95%.