Kenya: Des ONG et compagnies de transfert d'argent suspectées de liens avec les Shebab

GARISSA Le gouvernement diffuse publiquement une liste de compagnies et d'organisations qu'il soupçonne d’être en relation avec les Shebab…

20 Minutes avec agences

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Un policier kenyan à Nairobi le 9 avril 2014
Un policier kenyan à Nairobi le 9 avril 2014 — Tony Karumba AFP

Le Kenya soupçonne 85 personnes et organisations, dont les principales compagnies de transfert d'argent vers la Somalie (1) et d'importantes ONG kényanes, de liens avec les shebab, ces islamistes somaliens responsables du récent massacre de l'université de Garissa.

Des transferts de fonds essentiels à la population

C’est dans son Journal officiel (JO), publié ce mercredi, que le gouvernement kényan a fait part de ses doutes. Il donne désormais 24 heures aux personnes et entités visées pour présenter leur défense.

Parmi les noms diffusés sur le JO figure celui de Mohamed Mohamud, le cerveau présumé de l'attaque qui a fait 148 morts le 2 avril. Un peu plus tôt, le ministère kényan des Finances avait déjà annoncé le gel des comptes bancaires des personnes et entités suspectes, en attendant les résultats d’une enquête plus poussée.

Répondre «le plus sévèrement possible à l'attaque»

Parmi les ONG également citées figurent notamment les associations Muslims for Human Rights et Haki Africa. Très actives au Kenya, elles dénoncent pourtant régulièrement la stigmatisation et la répression des populations musulmanes, essentiellement originaires du nord, de l'est et de la côte du pays.

Samedi dernier, deux jours après la fin de l'attaque de Garissa, située à quelque 150 km de la frontière somalienne, le président kényan Uhuru Kenyatta avait déjà déclaré que ceux qui «planifient et financent» le terrorisme étaient «profondément implantés» dans la société kényane. Il avait aussi promis que son gouvernement répondrait «le plus sévèrement possible à l'attaque et à toute autre attaque».

(1). D'importants transferts d'argents sont réalisés entre la Somalie et le Kenya, où vit une importante communauté somalienne. Les mouvements de fonds ne se font pas via des banques (la Somalie ne dispose pas de système bancaire), mais par le biais de compagnies de transfert d'argent.