VIDEO. Les Etats-Unis «savent» comment reconnaître un terroriste dans un aéroport

PROFILER La «Transportation Security Administration», comprenez l'Agence de sécurité dans les transports, a rédigé un document confidentiel...

C.B.

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L'aéroport d'O'Hare à Chicago le 26 septembre 2014
L'aéroport d'O'Hare à Chicago le 26 septembre 2014 — Scott Olson Getty

Vous bâillez de manière exagérée? Vous vous raclez la gorge un peu trop fort? Ou peut-être fixez-vous votre regard vers le bas? Vous avez tout l’air d'un terroriste. En tout cas, vous êtes suspect aux yeux de la Transportation Security Administration, comprenez de l'Agence américaine de sécurité dans les transports.

Dans le cadre de son programme SPOT, cette institution a rédigé une liste d’attitudes à contrôler, répertoriées dans un document intitulé «Rapport sur le repérage», dont The Intercept, une plateforme dédiée au journalisme d’investigation, est parvenu à se procurer une copie.

Concrètement, des points sont attribués en fonction des comportements repérés. Ainsi, si vous sifflez ou si vous avez les mains moites, vous «marquez» un point. Si votre posture est rigide ou arrogante, vous en inscrivez deux. A partir de trois points, les agents recrutés par la TSA peuvent procéder à des contrôles supplémentaires et, à partir de six points, faire appel à un agent de police.

«C’est une licence pour harceler»

Problème: d’après un ancien responsable du programme SPOT interrogé par The Intercept, «la liste a été conçue de telle sorte que pratiquement chaque passager présente plusieurs comportements suspects». D’après lui, ce document a été pensé pour permettre aux agents de fouiller toutes les personnes qu’ils trouvent suspectes. «C’est une licence pour harceler», résume-t-il.

En 2013, le Government Accountability Office, c’est-à-dire l'équivalent de la Cour des comptes aux Etats-Unis, déclarait que «la capacité humaine d'identifier avec précision des comportements suspects sur la base d’indicateurs est égale ou à peine meilleure que le hasard». L'inspecteur général du département de la Sécurité intérieure avait quant à lui estimé qu’il n’était pas possible de garantir que le programme SPOT fonctionne, qu’il est rentable et justifié de le poursuivre.

Mais SPOT continue. Depuis son lancement en 2007, ce programme a coûté plus de 900 millions de dollars aux contribuables américains.