Corée-du-Sud: La peine de mort requise en appel contre le capitaine du Ferry Sewol

JUSTICE Le naufrage du ferry, en avril 2014, avait fait plus de 300 morts lycéens. Le capitaine est accusé d’avoir abandonné ses passages délibérément …

20 Minutes avec AFP

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Le capitaine sud-coréen Lee Joon-Seok quitte le Sewol, le 16 avril 2014, lors du naufrage du ferry
Le capitaine sud-coréen Lee Joon-Seok quitte le Sewol, le 16 avril 2014, lors du naufrage du ferry — Maleroux Gardes-côtes sud-coréens

Le parquet a réclamé mardi en appel la peine de mort à l'encontre du capitaine du ferry sud-coréen Sewol, dont le naufrage en avril 2014 a fait plus de 300 morts, parmi lesquels de très nombreux lycéens.

En première instance en novembre, Lee Joon-Seok avait été condamné à 36 ans de réclusion pour plusieurs manquements graves à ses devoirs d'officier. Trois autres gradés avaient été condamnés à des peines allant de 15 à 30 ans de réclusion tandis que dix membres d'équipage avaient écopé de peines de prison.

Accusé d’avoir abandonné ses passages délibérément

Le ferry surchargé avait coulé au large de l'île méridionale de Jingo le 16 avril 2014 avec à son bord 476 personnes, dont 325 lycéens. Seuls 75 lycéens avaient survécu. Le capitaine du navire avait été acquitté du chef de meurtre.

L'accusation demande à la Haute cour de Gwangju, dans le sud du pays, de le reconnaître coupable de meurtres, estimant qu'il avait abandonné ses passagers délibérément. De leur côté, certains condamnés demandent à la cour des sentences plus clémentes.

Lors de l'audience mardi, un avocat général cité par l'agence Yonghap a accusé le capitaine d'avoir fui le navire en perdition sans « avoir pris la moindre mesure pour secourir les passagers ».

Verdict le 28 avril

La Haute cour rendra son verdict le 28 avril. L'instruction avait mis en évidence une combinaison de facteurs expliquant la catastrophe, de la surcharge du navire à l'incompétence de l'équipage, en passant par des travaux d'agrandissement illégaux qui ont affaibli sa flottabilité. La lenteur des secours avait également été mise en cause, de même que leur manque de coordination.

Mais la colère des familles s'est centrée sur les membres de l'équipage, parmi les premiers à grimper dans les canots de sauvetage, abandonnant à leur sort des centaines de passagers coincés à bord du navire en perdition.

L'angoisse des familles s'est trouvée décuplée lorsqu'il est apparu que l'équipage avait donné l'ordre aux passagers de ne pas bouger. Des vidéos tournées par des lycéens sur leurs téléphones portables, et retrouvées lors de la récupération des corps dans l'épave, faisaient entendre un message par haut-parleurs leur intimant de rester en place alors que le ferry prenait de plus en plus de gîte.