Syrie: Les Palestiniens se mobilisent pour le camp de Yarmouk menacé par Daesh

MONDE Il y a encore 18.000 personnes dans ce camp...

20 Minutes avec AFP

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Intérieur d'un bâtiment démoli, dans le camp palestinien de Yarmouk, en Syrie, le 6 avril 2015
Intérieur d'un bâtiment démoli, dans le camp palestinien de Yarmouk, en Syrie, le 6 avril 2015 — Youssef Karwashan AFP

Pris en étau entre les troupes syriennes et les djihadistes de Daesh, le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, en Syrie, suscite la plus grande inquiétude.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a réclamé que les agences humanitaires puissent avoir accès aux milliers de Palestiniens bloqués dans le camp, contrôlé en majorité par le groupe djihadiste Daesh, afin qu'ils puissent être évacués en toute sécurité. Des résidents terrorisés ont raconté leur fuite de ce camp de réfugiés palestiniens, le plus grand de Syrie, après une semaine de combats féroces entre l'organisation de l'Etat islamique et des groupes palestiniens armés qui tentent d'empêcher ce groupe de s'emparer du camp.

«Des couloirs sécurisés»

Devenu un symbole des souffrances et de privation dans le conflit qui ravage la Syrie depuis quatre ans, le camp se trouve à seulement huit km du centre de Damas, un fief du régime de Bachar al-Assad. Après l'offensive djihadiste lancée le 1er avril, les quelque 18.000 habitants du camp se trouvent pris en étau entre l'EI et les troupes du régime syrien qui les assiègent.

L'OLP a appelé «tous les mouvements à se mettre d'accord immédiatement pour protéger le camp des tentatives d'en faire un champ de bataille». Elle rappelle en outre «l'obligation d'éloigner les civils via des couloirs sécurisés et d'autoriser l'entrée immédiate d'une aide humanitaire et médicale d'urgence».

«Une bataille qui n'est pas la sienne»

Cet appel a été soutenu par les mouvements présents à Gaza -des islamistes à la gauche- qui, dans un communiqué commun, ont demandé à «s'accorder avec la délégation de l'OLP sur une position commune pour tenir les camps à l'écart (du conflit) et ne pas interférer dans les affaires syriennes».

L'OLP a organisé ces derniers jours l'évacuation de 2.000 personnes de Yarmouk, qui comptait encore la semaine passée quelque 18.000 habitants. Assiégés depuis plus d'un an par l'armée syrienne, les habitants de ce camp situé à environ sept km du centre de Damas souffrent de pénuries de nourriture, d'eau et de médicaments.

Selon un haut cadre de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Ahmed Majdalani, si le camp est visé, c'est parce que son emplacement aux portes de la capitale est «stratégique» et parce que  Daesh tente de le prendre «pour y installer des bases d'où il peut lancer ses attaques». Mais, a-t-il prévenu, «nous ne voulons pas que notre peuple paie le prix d'une bataille qui n'est pas la sienne».

Que Yarmouk «soit un lieu neutre, à distance de la folie de la guerre»

Daesh a lancé mercredi une offensive sur le camp avec l'aide de djihadistes du Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaida, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ils en contrôlent désormais une grande partie après plusieurs jours d'affrontements contre des combattants palestiniens, qui ont fait une trentaine de morts. Dans le même temps, l'armée syrienne a renforcé son siège autour de Yarmouk et mène des raids aériens réguliers sur le camp, dans lequel elle n'est jusqu'ici pas entrée.

Dans la bande de Gaza, des dizaines de personnalités politiques, dont les députés du Hamas, se sont rassemblés devant le Parlement pour demander aux belligérants d'arrêter immédiatement les tueries. Il faut que Yarmouk «soit un lieu neutre, à distance de la folie de la guerre», a lancé Mohamed Faraj al-Ghoul, un dirigeant du mouvement islamiste.