Le crash d'Air Algérie serait lié à un problème de givre sur des capteurs

TRANSPORT AERIEN Le Bureau d'enquêtes et analyses (BEA) vient de publier sur son site les premiers éléments de son enquête...

Claire Planchard

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Des débris de l'avion d'Air Algérie, le 26 juillet 2014 près de Gao, au Mali
Des débris de l'avion d'Air Algérie, le 26 juillet 2014 près de Gao, au Mali — Sia Kambou AFP

25 juillet 2014. Le vol AH5017 d'Air Algérie, qui reliait Ouagadougou à Alger, s’écrase dans le nord du Mali moins d'une heure après son décollage, tuant ses 116 passagers.

Huit mois plus tard, le Bureau enquête analyse français, à qui les deux boites noires avaient été confiées vient de publier sur son site Internet les premiers élements de son enquête avant de rendre son rapport final en décembre.

Transmission d'«informations erronées»

Le BEA indique que l'avion, un McDonnel Douglas 83, a atteint «sans événement significatif» son altitude de croisière de 9.500 mètres.

Mais deux minutes plus tard environ, la valeur du «paramètre principal de conduite des moteurs» (EPR) est devenue «erronée sur le moteur droit puis environ 55 secondes plus tard sur le moteur gauche».

«Ceci est vraisemblablement le résultat du givrage des capteurs de pression situés sur le cône de nez des moteurs», indiquent les enquêteurs.

«Si le système de protection contre le givrage des moteurs est activé, ces capteurs de pression sont réchauffés par de l'air chaud», explique le BEA, qui poursuit: «L'analyse des données disponibles indique que l'équipage n'a vraisemblablement pas activé ces systèmes au cours de la montée et de la croisière».

Ces informations erronées transmises par les capteurs ont eu pour conséquence de «limiter la poussée délivrée par les moteurs», et donc ralentir la vitesse de l'avion, jusqu'à provoquer son décrochage.

«Les paramètres enregistrés indiquent qu'il n'y a pas eu de manoeuvre de récupération du décrochage réalisée par l'équipage», lit-on dans le communiqué.

«Au moins deux événements similaires»

Le BEA fait part «d'au moins deux événements similaires» en juin 2012 et 2014, liés à un givrage de capteurs sur des appareils McDonnel Douglas. Ces événements n'ont pas eu de conséquences graves parce que détectés et corrigés à temps par les équipages.

Il indique que ces événements ainsi que les premiers éléments d'enquête concernant le vol d'Air Algérie «devront servir de base à la publication prochaine de mesures correctrices visant à aider les équipages à identifier et faire face à une situation similaire à celle rencontrée lors de cet accident.»