Attaque au Kenya: Mohamed Mohamud, cerveau présumé, un ex-enseignant «tranquille»

PORTRAIT Mohamed Mohamud est soupçonné par la police kényane d'être le cerveau du massacre dans l'université de Garissa...

20 Minutes avec AFP
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La police offre une récompense de 20 millions de shillings (200.000 euros) pour toute information susceptible de mener à son arrestation.
La police offre une récompense de 20 millions de shillings (200.000 euros) pour toute information susceptible de mener à son arrestation. — KENYA INTERIOR MINISTRY / AFP

De l'enseignement aux rangs des shebab. Mohamed Mohamud est soupçonné par la police kényane d'être le cerveau du massacre dans l'université de Garissa qui a fait 148 morts jeudi.

Ex-enseignant kényan présenté comme «tranquille», il s'est radicalisé dans son pays. La police offre une récompense de 20 millions de shillings (200.000 euros) pour toute information susceptible de mener à son arrestation.

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Un homme mince, à la barbe courte

Mohamed Mohamud, quinquagénaire, serait né en Ethiopie, dans une famille issue du très puissant clan somali Ogaden, réparti aux confins de l'Ethiopie, de la Somalie et du Kenya.

Il serait arrivé enfant à Garissa, dans l'est kényan majoritairement peuplé d'habitants d'ethnie somali comme lui, et possède la nationalité kényane. Des photos qui circulent suggèrent un homme mince, à la barbe courte.

Figure du mouvement

Selon des sources policières kényanes, il a enseigné et même dirigé une école coranique de Garissa, avant de se radicaliser et de traverser la poreuse frontière somalienne pour rejoindre l'Union des tribunaux islamiques (ancêtres des shebab) au sein desquels il dirigeait une unité appelée «Jugta-Culus» («Ceux qui frappent dur»).

Un correspondant de l'AFP qui l'a rencontré plus tard dans la capitale somalienne Mogadiscio, alors qu'il avait rejoint les shebab, se souvient de lui comme d'une figure du mouvement, l'un des tenants de sa ligne dure.

A la fin des Tribunaux islamiques, défaits début 2007 par les troupes éthiopiennes, Mohamed Mohamud, qui passe pour une personne éduquée, « tranquille et posée », rejoint d'abord la milice islamiste Ras Kamboni, active dans le sud somalien.

Un chef des opérations dans le sud somalien

Mais cette milice va se scinder en deux, un camp, dont il fait partie, rejoignant les shebab, et l'autre, mené par Ahmed Madobe, s'alliant à l'armée kényane entrée en Somalie fin 2011 pour combattre les shebab.

Au sein des shebab, Mohamed Mohamud devient vite un chef des opérations dans le sud somalien, recevant spécifiquement pour mission, en raison de sa connaissance du terrain, de combattre au Kenya.

La police kényane le tient notamment aussi pour responsable de deux attaques meurtrières menées l'an dernier dans la ville kényane de Mandera, frontalière de la Somalie et située à 550 km au nord de Garissa.