Nucléaire iranien: Tout comprendre à cette «entente historique»

DIPLOMATIE Après un incroyable marathon de tractations de 18 mois, les négociateurs sont parvenus à s'entendre sur la majorité des points clés du dossier...

M.C.
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Barack Obama après l'annonce d'un compromis sur le nucléaire iranien, à la Maison Blanche le 2 avril 2015.
Barack Obama après l'annonce d'un compromis sur le nucléaire iranien, à la Maison Blanche le 2 avril 2015. — Olivier Douliery/NEWSCOM/SIPA
  • Cet accord est l'aboutissement de 18 mois de négociations internationales
  • Il prévoit la réduction de l'uranium enrichi et des inspections scrupuleuses en échange de la levée des sanctions contre l'Iran
  • Obama salue «une entente historique» qui «empêchera l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire»
  • A Téhéran, l'accord a été accueilli par des scènes de liesse
  • Mais pour Israël, cet accord «menace sa survie» et fait craindre «une guerre horrible»

C'est l'épilogue d'une épopée diplomatique d'un an et demi. Les grandes puissances et l'Iran ont conclu jeudi à Lausanne un accord d'étape «historique» sur le nucléaire iranien, ouvrant la voie à un accord final que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a qualifié de menace pour la survie d'Israël.

Entente sur les points clés du dossier

Après un incroyable marathon de tractations de 18 mois entre Genève, Vienne, New York et Lausanne, et une dernière ligne droite de discussions ininterrompues pendant huit jours et nuits au bord du lac Léman, les négociateurs sont parvenus à s'entendre sur la majorité des points clés du dossier.

Solutions on key parameters of Iran #nuclear case reached. Drafting to start immediately, to finish by June 30th. #IranTalks
— Hassan Rouhani (@HassanRouhani) April 2, 2015



Nucléaire iranien: Les principaux points du pré-accord

Un accord salué par Obama et les Iraniens

«Une entente historique», a salué le président américain Barack Obama, qui, «si elle est pleinement appliquée, empêchera l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire». Le président américain a immédiatement souligné que l'accord final, censé être défini d'ici le 30 juin, ferait l'objet de «vérifications sans précédent» quant à son application. Si l'Iran triche, «le monde le saura», a lancé le président américain. A Téhéran, l'accord a été accueilli par des scènes de liesse.

C'est «la meilleure solution pour empêcher Téhéran d'obtenir l'arme atomique», estime Obama

L'accord «menacerait la survie d'Israël» pour Netanyahou

L'annonce du compromis a en revanche suscité comme attendu une violente réaction de Benjamin Nenyahu. «Un accord menacerait la survie d'Israël», a déclaré le Premier ministre israélien, cité par son porte-parole, Mark Regev, sur son compte Twitter, ajoutant que l'accord d'étape mènerait aux risques «d'une guerre horrible». «C'est un mauvais accord cadre qui conduira à un mauvais et dangereux accord» final, avait auparavant décrié un responsable israélien sous couvert de l'anonymat. Israël a conçu une grande frustration à ne pas être associé à ces discussions qui, estime-t-il, le concernent plus directement que les Etats-Unis.

PM Netanyahu: It would increase the risks of nuclear proliferation and the risks of a horrific war. #IranTalks
— Mark Regev (@MarkRegevPMO) April 2, 2015



Les Républicains «sceptiques» sur l'accord

Plus tôt, le ministre israélien des Renseignements Youval Steinitz avait assuré que l'option militaire restait sur la table, mais une telle éventualité reste très faible, selon les experts. Barack Obama avait appelé Benjamin Netanyahou peu après l'annonce de l'accord, réaffirmant l'engagement «sans faille» des Etats-Unis à défendre l'Etat Hébreu. Le président américain devra aussi faire face aux détracteurs d'un accord dans son propre pays. Jeudi soir, les républicains du Congrès ont exprimé leur scepticisme et annoncé qu'ils persisteraient à demander un droit de regard sur tout accord final sur le nucléaire iranien.

Le bras de fer entre Obama et les Républicains continue