Obama veut sanctionner les cyber-pirates, y compris étrangers

ETATS-UNIS Washington fait de cette lutte «urgence nationale»...

20 Minutes avec AFP

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Le président Barack Obama à Boston, le 30 mars 2015
Le président Barack Obama à Boston, le 30 mars 2015 — Jim Watson AFP

Washington contre-attaque. Les Etats-Unis veulent faire une «urgence nationale» de la lutte contre les cyber-attaques, avec un nouveau programme de sanctions annoncé mercredi qui permettra de bloquer les avoirs des pirates tant américains qu'étrangers, ainsi que des entreprises profitant de leurs agissements.

Le décret présidentiel autorise le Trésor américain à geler ou bloquer les avoirs des personnes impliquées dans des attaques sur des réseaux informatiques américains «essentiels», comme des systèmes bancaires ou liés au réseau électrique, ou dans le vol de données liées entre autres aux cartes de crédit.

«Sécurité nationale»

«A partir d'aujourd'hui, nous donnons un avertissement à ceux qui représentent des menaces importantes pour notre sécurité ou notre économie en endommageant nos infrastructures essentielles, en perturbant ou piratant nos réseaux informatiques, ou en volant les secrets industriels des entreprises américaines ou les données personnelles des citoyens américains en vue de faire du profit», a indiqué le président Barack Obama en publiant le décret.

Dans un message publié sur un blog et transmis par la Maison Blanche, il souligne que «les cyber-menaces représentent l'un des plus graves problèmes économiques et de sécurité nationale pour les Etats-Unis» et que lutter contre elles est «une urgence nationale».

Il prévient que les sanctions frapperont à la fois les pirates individuels et «les entreprises qui utilisent sciemment des secrets industriels volés pour miner la santé économique de notre nation».

Contre les menaces étrangères aussi

L'annonce des sanctions intervient après une épidémie d'attaques révélées ces derniers mois. L'une d'entre elles, frappant Sony Pictures, a été particulièrement dévastatrice, mais des données bancaires et médicales de dizaines de millions d'Américains ont également été compromises.

Le président Obama a souligné que des pirates en Chine, en Russie et en Iran faisaient partie de ceux visant des objectifs américains. «C'est souvent difficile de s'attaquer à ces acteurs malfaisants, en partie à cause de législations étrangères faibles ou mal appliquées, ou parce que certains gouvernements soit ne veulent pas, soit ne peuvent pas lutter contre les responsables», a-t-il relevé.

Les pirates basés à l'étranger ne seront toutefois pas épargnés par les nouvelles sanctions américaines. «Les intrusions et attaques informatiques -- originaires pour beaucoup de l'étranger -- visent nos entreprises, volent des secrets industriels, et coûtent des emplois américains», a rappelé Barack Obama. «Les pirates iraniens visent les banques américaines», a-t-il accusé. «La cyber-attaque nord-coréenne contre Sony Pictures a détruit des données et désactivé des milliers d'ordinateurs.»

Le décret autorise ainsi les sanctions pour des pirates représentant «une menace importante pour la sécurité nationale, la politique étrangère, la santé économique ou la stabilité financière des Etats-Unis».

Il pourrait recouvrir les attaques dites «par déni de service» (inondant un serveur ou un site de demandes simultanées pour empêcher son fonctionnement), ainsi que le vol de secrets industriels, de données sur des cartes bancaires ou d'autres informations jugées «sensibles», selon un communiqué de la Maison Blanche.