La loi de décommunisation débattue

POLOGNE La Cour constitutionnelle du pays doit rendre son jugement sur cette loi controversée vendredi après-midi…

Sa. C. avec AFP

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L'ancien chef de la diplomatie polonaise et figure historique de l'ex-opposition anticommuniste, Bronislaw Geremek a déclaré samedi qu'il était prêt à perdre son mandat d'eurodéputé sous la pression du gouvernement mais qu'il n'y renoncerait pas de son plein gré.
L'ancien chef de la diplomatie polonaise et figure historique de l'ex-opposition anticommuniste, Bronislaw Geremek a déclaré samedi qu'il était prêt à perdre son mandat d'eurodéputé sous la pression du gouvernement mais qu'il n'y renoncerait pas de son plein gré. — Janek Skarzynski AFP

La loi de décommunisation est-elle anticonstitutionnelle ? C’est à cette question que devra répondre vendredi la Cour constitutionnelle de Pologne, saisie par l'opposition social-démocrate qui conteste la conformité de cette loi très controversée.

La Cour a clos jeudi soir ses débats, marqués par une très forte pression de la droite au pouvoir. Celle-ci a tenté en vain d'ajourner l'examen de sa loi phare, impulsée par les jumeaux conservateurs Lech et Jaroslaw Kaczynski, qui vise à vérifier le passé de quelque 700.000 Polonais.
Les frères Lech et Jaroslaw Kaczynski, respectivement président et Premier ministre, ont toutefois obtenu jeudi la suspension de deux juges de la Cour.

Le nouveau texte vise tous les responsables politiques et magistrats, les professeurs d'université, directeurs d'école, gestionnaires des sociétés d'Etat et journalistes. Elle les oblige à déclarer, sous peine de perdre leur poste, s'ils ont ou non collaboré avec la police secrète du temps du régime communiste qui s'est écroulé en 1989.
Plusieurs personnalités de l'ancienne opposition anti-communiste, comme l'ex-chef de la diplomatie polonaise et eurodéputé Bronislaw Geremek, ou le premier chef de gouvernement d'après 1989 Tadeusz Mazowiecki, ont refusé de déposer leur déclaration. Ils affirment que la loi de décommunisation est «humiliante» et «viole les droits civiques»