Yemen: Le palais présidentiel bombardé, le président aurait fui en bateau

MONDE L'ex-président s'agite en coulisse...

20 Minutes avec AFP

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Un char conduit par des hommes des forces hostiles au président Abd Rabbo Mansour Hadi près de Lahej au Yémen, le 24 mars 2015
Un char conduit par des hommes des forces hostiles au président Abd Rabbo Mansour Hadi près de Lahej au Yémen, le 24 mars 2015 — Saleh al-Obeidi AFP

La situation est toujours aussi confuse au Yemen, en proie à une guerre civile où les forces alliées se seraient emparées de l'aéroport d'Aden. Ce mercredi, c'est le complexe du palais présidentiel à Aden, dans le sud du Yémen, qui a été la cible d'un raid aérien peu après l'annonce de l'évacuation vers «un lieu sûr» du chef de l'Etat, Abd Rabbo Mansour Hadi, selon une source de sécurité.

«Un appareil a tiré trois missiles sur le complexe du palais, et la DCA est intervenue», a déclaré à l'AFP cette source, alors que des colonnes de fumée se sont élevées du lieu de l'attaque. Elle n'a pas précisé si le bâtiment principal du complexe avait été touché où si le raid avait fait des victimes. Le palais avait déjà été visé jeudi dernier par un raid aérien qui ne l'avait pas touché.

L'ex-président s'agit en coulisses

Ce dernier raid est survenu alors que des informations contradictoires circulaient sur un départ précipité pour l'étranger du président Hadi. Les informations sur son départ ont été démenties par un responsable, qui a affirmé que le chef de l'Etat avait été évacué vers «un lieu sûr». D'après des officiels, le président Hadi aurait fui en bateau.

Dans le même temps, les rebelles chiites Houthis, alliés à des militaires restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, avançaient vers Aden, après s'être emparés de la base aérienne d'Al-Anad, la plus grande du pays. L'ex-président yéménite joue un rôle-clé en coulisse dans l'offensive militaire lancée contre son successeur par la milice chiite des Houthis avec laquelle il a scellé une alliance dont il espère tirer profit. «Le rapport de force sur le terrain est en faveur de Saleh et des Houthis, mais davantage en faveur de Saleh», estime Mustafa Alani, spécialiste des questions de sécurité au Gulf Research Center.

La conquête de la capitale Sanaa en septembre et les récentes avancées fulgurantes des Houthis dans le centre et le sud auraient été impossibles sans la participation active d'unités militaires restées fidèles à Saleh, qui dispose en outre de puissants relais dans l'administration, estiment les experts.