Sénégal: la défense de Karim Wade va saisir la Cour suprême

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Karim Wade, fils et ancien ministre de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, à Dakar le 30 octobre 2008
Karim Wade, fils et ancien ministre de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, à Dakar le 30 octobre 2008 — Georges Gobet AFP

La défense de Karim Wade va se pourvoir devant la Cour suprême dès lundi contre le jugement condamnant à six ans de prison le fils et ancien ministre de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade pour «enrichissement illicite», a déclaré à l'AFP un de ses avocats.

L'avocat, Me Mohamed Seydou Diagne, a par ailleurs contesté que cette condamnation de Karim Wade, désigné samedi candidat du principal parti d'opposition à la prochaine présidentielle, soit assortie d'une privation des droits civiques, comme l'estiment certains juristes.

«Le procureur avait fait la demande d'interdiction (des droits civiques) mais manifestement il n'a pas été suivi», a-t-il affirmé, le verdict de la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI), une juridiction spéciale, n'en faisant pas mention.

Une privation des droits civiques suppose, selon lui, «qu'un texte spécial le prévoie mais ce texte n'existe pas pour l'enrichissement illicite».

C'est en revanche le cas pour le délit de corruption mais Karim Wade n'a été reconnu coupable que d'enrichissement illicite.

De son côté, l'ancien ministre et avocat Abdoulaye Babou a au contraire affirmé que «normalement, Karim Wade ne doit plus avoir ses droits civiques», citant l'article 34 du Code pénal qui prévoit cette privation pour toute peine d'emprisonnement supérieure à cinq ans.

«Dès cet après-midi, nous allons saisir la Cour suprême pour que le jugement soit cassé et annulé», a déclaré Me Diagne, quelques heures après la condamnation de Karim Wade à six ans de prison ferme et plus de 210 millions d'euros d'amende pour «enrichissement illicite».

La CREI a motivé la condamnation par un écart de plus de 100 millions d'euros entre le patrimoine estimé de Karim Wade et ses «revenus légaux», considérant que «l'origine licite de ce patrimoine n'a pas été prouvée», la charge de la preuve devant cette juridiction incombant au prévenu.

«On est vraiment dans le scandale judiciaire. Ce n'est plus une décision de justice. C'est pour cette raison qu'on avait quitté le procès pour ne pas cautionner une parodie de justice», a dit l'avocat.

«C'est de notoriété publique que notre client a été trader. Il avait une vie avant d’entrer dans les affaires publiques en 2003, à une époque où le marché de la finance internationale était prospère et les gens bien rémunérés», a-t-il argué.