Tunis: L'enquête sur l'attentat du Bardo avance, selon les autorités

MONDE La Tunisie, qui a reconnu des «défaillances» dans la sécurité, a évoqué «plus de dix arrestations» de personnes impliquées dans l'attaque...

M.C. avec AFP
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Le président Béji Caïd Essebsi s'adresse aux Tunisiens lors du 59e anniversaire de l'indépendance du pays, le 20 mars 2015, deux jours après l'attentat du Musée du Bardo à Tunis
Le président Béji Caïd Essebsi s'adresse aux Tunisiens lors du 59e anniversaire de l'indépendance du pays, le 20 mars 2015, deux jours après l'attentat du Musée du Bardo à Tunis — Fethi Belaïd AFP

La Tunisie a affirmé samedi que l'enquête sur l'attentat du Bardo avançait, trois jours après l'attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), qui a coûté la vie à 20 touristes étrangers et un Tunisien.

Tandis que le porte-parole du parquet a évoqué «des développements», préférant ne donner aucun détail «pour préserver le secret de l'enquête et son efficacité», le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mohamed Ali Aroui, a évoqué «plus de dix arrestations (de personnes) impliquées de manière directe ou indirecte dans l'attaque, parmi elles des gens ayant apporté un soutien logistique». Il n'a donné aucune indication sur leur identité. Par la suite, le ministère a indiqué avoir lancé un avis de recherche contre un Tunisien, «Maher Ben Mouldi Kaïdi», pour son implication présumée dans l'attaque.

«Victime d'un lavage de cerveau»

Le père, les deux frères et la soeur de l'un des assaillants, Jabeur Khachnaoui, ont, eux, été relâchés, selon une source policière et un proche du tireur du Bardo. Dans une interview publiée samedi sur le site internet de l'hebdomadaire français Paris Match, le président tunisien Béji Caïd Essebsi a admis qu'il y avait eu des «défaillances» «en amont» du dispositif de sécurité. Il a cependant souligné que les services de sécurité «ont réagi de manière très efficace pour terminer rapidement l'attaque au Bardo, évitant certainement des dizaines de morts supplémentaires si les terroristes avaient pu déclencher leurs ceintures d'explosifs.»

A Tunis, un frère du second assaillant Yassine Laabidi -Abidi selon les autorités- a témoigné auprès de l'AFP du «choc énorme» de la famille. «Yassine était un jeune aimable, chaleureux, beau gosse, intellectuel, qui n'avait rien en commun avec» les djihadistes, a-t-il déclaré. «Il est victime d'un lavage de cerveau, des idées venimeuses, ces pourritures qui envoient au nom de la religion des jeunes vers la mort», s'est-il exclamé.

Vendredi, le président Béji Caïd Essebsi a martelé son engagement à vaincre la mouvance djihadiste armée qui connaît un essor en Tunisie depuis la révolution de 2011 mais qui, jusqu'à l'attaque du Bardo, était largement cantonnée dans les montagnes frontalières de l'Algérie.