Le pape François en visite à Naples, le 21 mars 2015
Le pape François en visite à Naples, le 21 mars 2015 — Gregorio Borgia/AP/SIPA

MAFIA

A Naples, le pape François dénonce «la corruption qui pue»

Il a appelé les mafieux à «se convertir»...

Le pape François a lancé samedi un fervent appel à relever les défis de Naples -la corruption qui «pue», «l'esclavage» du travail au noir et le rejet des immigrés-, en appelant les mafieux à «se convertir».

Dénonçant lors d'une messe le trafic de drogue, et s'adressant sans les nommer aux mafieux de la Camorra, le pape les a appelés à «se convertir à l'amour et à la justice».

>> Le pape et les «lapins»: «Le pape François se comporte comme un curé de campagne»

«La corruption pue»

«Il est toujours possible de retourner à une vie honnête. Ces sont des mères en larmes qui le demandent dans les églises de Naples», a-t-il imploré lors d'une messe devant quelque cent mille fidèles sur la place du Plebiscito.

Il a exhorté Naples à vivre un nouveau «printemps» pour «un avenir meilleur», «sans se réfugier dans le passé».

Pour cette première visite à Naples, le pape argentin, accompagné du cardinal de Naples Crescenzio Sepe, a parcouru en papamobile découverte les rues bondées, où des dizaines de milliers de fidèles agitaient des drapeaux du Vatican.

«Comme un animal mort pue, la corruption pue, la société corrompue pue, et un chrétien qui fait entrer en lui la corruption pue»: le pape François avait parlé crûment auparavant aux habitants du quartier défavorisé de Scampia, en avertissant que «tous, nous avons la possibilité d'être corrompus et de glisser vers la délinquance».

«Ne cédez pas au mal»

Le pape, assis sur un podium au milieu de centaines d'enfants, a fustigé «ceux qui prennent la voie du mal volent un morceau d'espérance à eux-mêmes, à la société, à la bonne réputation de la ville, à son économie».

Des banderoles proclamaient «Ne cédez pas au mal» et «Stop aux feux toxiques», en allusion au scandale des décharges toxiques de la «Terra dei fuochi».

Sur fond gris et déprimé de HLM sur la place Jean Paul II (baptisée en souvenir de la visite du pape polonais en 1990), François répondait au magistrat napolitain, Antonio Buonajuto, qui avait estimé que «le respect de la loi était quotidiennement trahi par la corruption publique et privée qui se répand dans le corps social, générant délinquance juvénile, désespoir et mort».