Attaque terroriste à Tunis: Que sait-on de nouveau sur l’attentat du musée du Bardo?

TUNISIE Bilan humain, enquête... «20 Minutes» fait le point sur drame qui a frappé la Tunisie mercredi...

Delphine Bancaud

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Des Tunisiens rendent hommage aux victimes de l'attentat du musée Bardo, le 19 mars 2015. Credit:Javier Lizon/EFE/SIPA/1503201045
Des Tunisiens rendent hommage aux victimes de l'attentat du musée Bardo, le 19 mars 2015. Credit:Javier Lizon/EFE/SIPA/1503201045 — SIPA

A chaque jour ses révélations. Deux jours après l’attaque perpétrée au musée du Bardo à Tunis, on en sait désormais plus sur les circonstances du drame, l’itinéraire des assaillants et l’identité des victimes. 20 Minutes fait le point.

Quel est le bilan provisoire?

L’attaque au musée du Bardo à Tunis a fait au moins 21 morts dont 20 étrangers, selon les autorités tunisiennes. Mais la nationalité de trois victimes n’est pas encore déterminée. Un troisième Français a été identifié parmi les 20 touristes étrangers tués, a annoncé vendredi le ministère tunisien de la Santé. Une information confirmée peu après par François Hollande. Les morts identifiés sont un Tunisien, quatre Italiens, trois Japonaises, trois Polonais, trois Français, un Colombien, un Australo-Colombien, deux Espagnols, une Britannique, une Belge et une Russe a déclaré vendredi selon les autorités tunisiennes.

François Hollande a précisé ce vendredi qu'il y avait «encore deux blessés graves (français) qui sont toujours en soins intensifs et cinq blessés légers qui vont rentrer en France dès ce soir», ajoutant que le «pronostic vital» était engagé pour l'un des blessés graves. «Nous ne pensons pas qu'il y ait encore des Français qui pourraient être victimes ou reconnus victimes de cet attentat», a-t-il ajouté.

Que sait-on des assaillants?

L'itinéraire des deux terroristes, Yassine Abidi et Jabeur Khachnaoui, qui ont été tués par les forces tunisiennes se précise. Selon le secrétaire d'Etat tunisien chargé des affaires sécuritaires, Rafik Chelly, ils se sont formés au maniement des armes en Libye.  

Il s'agit de «deux éléments extrémistes salafistes takfiris. Ils ont quitté clandestinement le pays en décembre dernier pour la Libye et ont pu se former aux armes en Libye» avant de regagner la Tunisie, a déclaré Rafik Chelly jeudi soir à la chaîne privée AlHiwar Ettounsi. «Nous n'avons pas les détails mais il y a des camps d'entraînement pour les Tunisiens (en Libye) à Sabratha, à Benghazi et à Derna, donc (ils ont pu se former) dans l'un de ces camps», a-t-il ajouté.

Les deux hommes étaient «des éléments suspects» faisant partie «de ce qu'on appelle les cellules dormantes, formées d'éléments présents dans les villes, connus, dont nous savons qu'ils sont takfiris, dont nous savons qu'ils peuvent mener des opérations mais il faut rassembler les indices pour pouvoir mener une arrestation», a fait valoir le responsable.

A-t-on évité un carnage encore plus important?

Selon la vidéo postée ce jeudi par Daesh sur des sites djihadistes, les terroristes étaient «munis d'armes automatiques et de bombes». Une information confirmée par le président Tunisien Béji Caïd Essebsi jeudi soir sur TF1. «On a trouvé sur ces gens-là des explosifs terribles qu'ils n'ont pas eu le temps» d'utiliser, a-t-il assuré. Il a salué jeudi «la promptitude avec laquelle les forces de l'ordre se sont rendues sur les lieux» mercredi.

«Nous avons quand même réussi, grâce aux forces spéciales, à l'intervention rapide des brigades, à éviter une véritable catastrophe, parce que se trouvaient dans le musée au moment de l'attaque environ 300 personnes», a renchéri le ministre de l'Intérieur, Najem Gharsalli.

 

Le musée était-il bien protégé?

Non pas du tout. Le vice-président de l'Assemblée, Abdelfattah Mourou, a affirmé vendredi que mercredi, jour de l'attaque, «il n'y avait pas de police autour du Parlement et autour du musée».

«J'ai appris qu'il y avait quatre policiers seulement qui devaient assurer la sécurité autour du Parlement, dont deux étaient au café. Le troisième mangeait un casse-croûte et le quatrième ne s'est pas présenté», a-t-il déploré. «C'est une grande défaillance», a dénoncé Abdelfattah Mourou.

Où en est l’enquête?

Les autorités tunisiennes ont arrêté ce jeudi neuf suspects, a annoncé la présidence tunisienne: «Quatre éléments en relation directe avec [l'attaque] et cinq autres soupçonnés d'être en relation avec cette cellule». Mais aucune information n’a filtré sur l’identité de ces personnes.

L'AFP a également appris vendredi auprès de la police et de la famille de l'autre assaillant, Jabeur Khachnaoui, que le père, les deux frères et la sœur de ce dernier avaient été arrêtés, sans que l'on sache s'ils font partie des neuf interpellations annoncées la veille.