L'Europe devrait retrouver un partenaire engagé, mais ferme

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Grand coup de frais sur l'Europe. « Toute ma vie j'ai été européen, je crois profondément, sincèrement, en la construction européenne », a affirmé dimanche soir Nicolas Sarkozy. En proclamant « la France est de retour en Europe », le Président nouvellement élu aura sans doute voulu tirer un trait sur l'un des dossiers les plus douloureux du dernier mandat de Chirac : une construction européenne en panne après le « non » français au traité constitutionnel. Selon le chercheur Bruno Tertrais, Sarkozy aura aussi voulu adresser un message aux organisateurs de la réunion de Madrid de janvier dernier, entre les dix-huit Etats membres ayant ratifié le traité. Désormais, plus question d'oublier Paris.

« On va vers une sortie de la crise institutionnelle provoquée par le "non" au référendum. Angela Merkel, la chancelière allemande, qui assure la présidence de l'Europe, va pouvoir accélérer les consultations, notamment lors du sommet des 21 et 22 juin prochains, pour l'adoption d'un nouveau traité que tout le monde attend », espère Jean-Dominique Giuliani de la Fondation Robert Schuman qui salue aussi l'élection d'un président « de la génération Europe, pour qui l'Union européenne est un acquis, et, qui, par conséquent a des choses à dire sur la politique européenne ». Seule incertitude : les capacités de négociation de Sarkozy. « Il pourrait ne pas être un partenaire facile », reconnaissent certains à demi-mot.

Les Vingt-Sept devront aussi faire face à la très ferme opposition de Sarkozy à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a d'ailleurs invité hier le nouveau président à ne pas se précipiter sur ce dossier. Des négociations sont actuellement en cours, « sur la base d'un mandat décidé à l'unanimité avec les Etats membres », rappelle le président de la Commission. « Evidemment juridiquement, leur interruption est toujours possible », reconnaît Sylvie Goulard, du Mouvement européen, « mais ce serait un coup politique important pour la France et la parole donnée ».