Sarkozy s'empare de l'international

©2007 20 minutes

— 

La politique étrangère sort de l'ombre. Effacée lors de la campagne présidentielle, elle est revenue en force dimanche dans la bouche de Nicolas Sarkozy, soucieux d'opérer sa mue et d'endosser ses vêtements tout neufs de président de la République. La moitié de son discours prononcé dimanche soir à l'issue des résultats lui était consacrée. Après quelques mots sur l'Europe, son dossier prioritaire, Nicolas Sarkozy s'est adressé à « nos amis américains ». « Je veux leur dire que la France sera toujours à leurs côtés quand ils auront besoin d'elle. »

En septembre 2006, le candidat UMP avait fait scandale lors de sa visite aux Etats-Unis en dénonçant l'« arrogance française » sur la guerre en Irak. Un atlantisme « lamentable », avait fulminé Jacques Chirac en privé. Mais le 6 mai au soir, le président Sarkozy a tenu à réaffirmer l'indépendance de la France, et rappelé Washington à l'ordre sur le réchauffement climatique, un combat auquel les Etats-Unis, premiers producteurs de gaz à effets de serre, « ne doivent pas faire obstacle », mais dont ils doivent au contraire « prendre la tête ».

Nul ou presque ne fut oublié dans la fin de son discours. Ni « les peuples de Méditerranée », ni les Africains, ni les persécutés de tous les pays, ni les femmes, qui ont eu droit à une attention particulière, ni les enfants. Pendant la campagne, le candidat UMP avait esquissé les grandes lignes de sa politique internationale. Le président Sarkozy, encore peu à l'aise en la matière, devrait s'emparer des dossiers dans les semaines à venir.

Iran Parmi les dossiers sensibles, Nicolas Sarkozy devra traiter celui du nucléaire iranien. A ce sujet, le nouveau président est partisan d'une ligne plus dure que celle adoptée par son prédécesseur Jacques Chirac, enclin à un dialogue avec Téhéran. Contrairement à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy n'exclut pas que la France adopte des sanctions envers l'Iran en dehors du cadre de l'ONU. Il veut par ailleurs « déconnecter la question iranienne du Hezbollah libanais », selon Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique.