Un « repositionnement » au Proche-Orient

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C'est une page qui se tourne. Avec l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la politique de la France au Proche-Orient s'apprête à vivre un grand tournant. La fin de cette fameuse « politique arabe de la France » initiée par Charles de Gaulle et poursuivie par Jacques Chirac, qui a conduit Paris à refuser l'intervention américaine en Irak, en 2003, mais aussi, à entretenir des relations pour le moins discutables, à l'aune de son statut, avec certains dirigeants du monde arabe. La preuve : l'emménagement du président sortant, après l'Elysée, dans un appartement prêté par la famille de Rafic Hariri, l'ancien Premier ministre libanais assassiné en février 2005. Et son corollaire, des relations désastreuses avec la Syrie, accusée d'avoir commandité l'assassinat de son ami. A ce titre, le communiqué du président syrien est sans équivoque. « Le président Bachar al-Assad a félicité Nicolas Sarkozy pour son succès à l'élection présidentielle française », tout en espérant que « les relations entre les deux pays se développent davantage ».

« Nicolas Sarkozy s'est toujours montré très soucieux de la sécurité d'Israël. De ce point de vue-là aussi, on assistera sans doute à un repositionnement de la France », analyse Bruno Tertrais, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). De fait, en Israël, l'élection de Sarkozy a été très bien accueillie, certains médias évoquant même la « nouvelle ère » qui se profilait « dans les relations franco-israéliennes ».