Attaque terroriste à Tunis: Le récit des événements

MONDE Plusieurs rescapés de l'attaque ont raconté comment ils ont vécu l'assaut des terroristes...

M. C., N. Beu. et D.B;

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Des touristes sont évacués par les forces spéciales tunisiennes après l'attaque contre le musée du Bardo, à Tunis, le 18 mars 2015
Des touristes sont évacués par les forces spéciales tunisiennes après l'attaque contre le musée du Bardo, à Tunis, le 18 mars 2015 — SALAH HABIBI / AFP

Ils racontent les coups de feu, puis l’horreur et la peur. Au terme de l’attaque au musée du Bardo de Tunis, qui a fait 20 victimes dont deux Français et 43 blessés selon un bilan provisoire, les survivants ont commencé à raconter ce qu'ils ont vécu mercredi. Un récit glaçant de quatre heures qui permet de reconstituer les faits.

Les événements de la journée de mercredi en direct

Qui sont les victimes?

Ce que l’on sait de l’attaque

Il est environ midi quand l'un des bus transportant des touristes est pris pour cible par deux hommes qui l'attaquent au fusil-mitrailleurs. Selon un journaliste de l'AFP sur place, il était criblé de balles.Certains visiteurs essayent de fuir à l'intérieur du musée, où les assaillants les pourchassent. Walid, guide touristique à Tunis, est là. «J'ai vu quelqu'un armé tirer à bout pourtant sur tout ce qui bouge, pas uniquement les touristes [...] Il fallait soit le regarder de face et mourir, soit courir et s'abriter. On avait peur de rester à l'intérieur et qu'il nous finisse [sic] si on restait sans bouger. J'avais en charge des clients que j'ai dû mettre à l'abri, c'est tout. Peut-être une centaine de personnes», raconte-t-il à RTL. Connaissant bien le musée, il parvient à trouver une issue de secours et faire sortir des visiteurs.

D'autres n'ont pas cette chance. «J’ai vu un homme tout en noir, on voyait juste les yeux. Il avait le look des terroristes d’Al-Qaïda. Il était avec son arme, il tirait dans tous les sens, sur tout et n’importe quoi... Plein de gens sont tombés par terre, ça criait, courait dans tous les sens», témoigne Marilyne, une touriste française, sur BFMTV. «Il y a eu plusieurs détonations et à chaque fois, on était obligés de faire les morts. D’ailleurs, moi-même je me suis badigeonnée de sang pour éviter qu’on me tire dessus», poursuit-elle. «Je suis resté allongé par terre presque trois heures», dit quant à lui Josep Lluis Cusido, un touriste espagnol. «J'étais accroupie les bras sur la tête, mais j'ai quand même été touchée à l'oreille, à la main et au cou», raconte enfin Noriko Yuki, une touriste japonaise de 35 ans qui visitait le musée avec sa mère, à la télévision nipponne NHK. La fusillade dure une quinzaine de minutes, selon certains témoins.

«Les terroristes ont clairement visé les touristes», estime pour sa part Taher Ghalia, le conservateur en chef du musée national du Bardo, interviewé par Le Parisien. «Ils n’ont prononcé aucun mot et n’ont pas porté atteinte aux œuvres. Ils étaient là pour tuer, froidement.»

Une longue attente

Dans d'autres coins du musée, les visiteurs tentent de se mettre à l'abri. Parfois en vain, comme en témoigne Yvon sur BFMTV: «Dans ce musée-là, il n'y a pas de quoi se cacher. On n'est pas dans un immeuble normal où il y a des murs». La suite est une longue attente.

Réfugiée dans une salle du musée, Géraldine, une touriste française, témoigne en direct sur iTélé: «Nous sommes une quarantaine, ça continue à tirer... On est un peu paniqués, on entend beaucoup de bruit.» «On a peur qu’ils viennent d’un coup et qu’ils nous tuent. C’est très impressionnant», dit une autre touriste, Fabienne, sur BFMTV.

Vers 15 heures, les unités d'élite tunisiennes parviennent à neutraliser les terroristes. Ce n'est que quatre heures après le début de la fusillade, les derniers visiteurs qui ont échappé aux terroristes sont enfin libérés par la police. «On est resté assis pendant une heure sans bouger jusqu'à ce qu'il y ait l'intervention des forces de l'ordre et là, on nous a dit : "vous courez, vous courez, vous sortez vite de là"», témoigne une Française sur France 2. Les blessés sont hospitalisés, les autres pris en charge. «Dans le bus, assise à côté de moi, il y avait une fille chinoise dont la sœur venait juste de se faire tirer dans la tête, raconte la même touriste belge à VRT. Une autre dame a dit que son mari avait reçu une balle dans un genou. C’est seulement après que tu réalises ce dont tu as réchappé.»