Pakistan: 21 pendaisons en deux jours

SOCIETE Ce qui porte à 48 le nombre d'exécutions dans le pays depuis la mi-décembre...

20 Minutes avec agences

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Des policiers à l'entrée d'une prison de Karachi, au Pakistan, en janvier 2015 après une exécution
Des policiers à l'entrée d'une prison de Karachi, au Pakistan, en janvier 2015 après une exécution — Rizwan Tabassum AFP

Les autorités pakistanaises ont pendu, ce mercredi, neuf autres condamnés à mort. Un jour seulement après avoir pendu 12 condamnés à mort.

Ce matin, c'est dans les prisons de la province du Pendjab, la plus peuplée du Pakistan, qu'ont eu lieu ces nouvelles mises à mort, portant ainsi, selon les autorités carcérales locales, à 48 le nombre d'exécutions dans le pays depuis la mi-décembre.

«Le Pakistan deviendra l'un des plus grands bourreaux du monde»

En réponse au raid des talibans contre une école de Peshawar (nord-ouest), qui a fait 154 morts le 16 décembre dernier, le Pakistan a levé partiellement le moratoire sur la peine capitale, pour les seules affaires de terrorisme, avant de le lever complètement la semaine dernière. Ainsi, mardi, le pays a, en effet, pendu 12 condamnés à mort, bilan le plus lourd depuis la reprise des exécutions. Parmi eux, le jeune Muhammad Afzal, âgé de 16 ans selon Amnesty International.

«A ce rythme, le Pakistan deviendra l'un des plus grands bourreaux du monde, un club honteux auquel aucun pays ne devrait aspirer», a écrit, dans un communiqué, David Griffiths, vice-directeur d'Amnesty International pour l'Asie, en appelant les autorités d'Islamabad à rétablir le moratoire sur la peine capitale.

Shafqat Hussain, condamné à mort à l'adolescence

L'Union européenne a, elle, exhorté le Pakistan à «rétablir le moratoire sur la peine de mort» en vigueur depuis 2008 et à respecter ses engagements internationaux (1) qui lui «interdisent spécifiquement le recours à la peine capitale pour des crimes commis par des personnes âgées de moins de 18 ans».

L'un des cas symboliques évoqués par les diplomates européens et des organisations de défense des droits de l'Homme est celui de Shafqat Hussain, condamné à mort à l'adolescence, selon son certificat de naissance, et dont l'exécution est prévue, demain, jeudi (l'adolescent a été condamné par un tribunal antiterroriste, en 2004, à la peine capitale pour le meurtre d'un enfant, après avoir, selon sa famille, fait des aveux sous la torture).

Le Pakistan annonce l'exécution rapide de 500 condamnés à mort

Dans une lettre au ministre pakistanais de l'Intérieur, Chaudhry Nisar, l'organisation Justice Project Pakistan (JPP), qui défend Shafqat Hussain, a appelé mercredi le gouvernement à geler cette exécution et à rouvrir l'enquête sur cette affaire.

 

(1). Le Pakistan avait, d'ailleurs, obtenu, l'an dernier, de l'Union européenne le statut «GSP+» qui exempte de taxes ses exportations de textile, ce qui lui a permis d'augmenter d'un milliard de dollars ses ventes en Europe, en s'engageant entre autres à maintenir son moratoire sur la peine de mort.