Élection en Israël: Benyamin Netanyahou revendique la victoire

LEGISLATIVES Le Likoud semble être une nouvelle fois en position de gouverner...

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le 4 janvier 2015 lors du conseil des ministres à Jérusalem
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le 4 janvier 2015 lors du conseil des ministres à Jérusalem — Oded Balilty Pool

Une petite surprise. Le Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu a déjoué tous les pronostics en faisant au moins jeu égal avec le centre gauche mardi aux élections et en semblant disposer d'une marge de manoeuvre plus favorable que le travailliste Isaac Herzog pour former le prochain gouvernement.

Le Likoud de M. Netanyahu était crédité de 28 sièges sur les 120 de la Knesset, soit un de plus que la liste Union sioniste de M. Herzog, dans le sondage à la sortie des urnes de la chaîne Channel 2. Les deux listes étaient à égalité avec 27 mandats dans deux autres projections de Channel 1 et Channel 10.  Benyamin Netanyahou a d'ailleurs revendiqué sur Twitter, la victoire à ces élections législatives

Si sa victoire venait à se confirmer, il s'agirait de son troisième mandat consécutif de Premier ministre, le quatrième au total avec celui de 1996 à 1999.

La liste représentant les Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948, paraît créer un autre évènement de ces élections législatives en terminant troisième, avec 12 ou 13 sièges, selon les sondages. Elle est restée très élusive sur son attitude et sur un éventuel soutien à M. Herzog. Mais un tel soutien pourrait faire perdre au chef travailliste d'autres partenaires éventuels.

Coup de barre à droite pendant la campagne

Benyamin Netanyahou a déjà réussi à faire mentir les enquêtes d'opinion qui annonçaient son parti quatre sièges derrière l'Union sioniste. Ces élections passaient dans une large mesure pour un référendum pour ou contre M. Netanyahou. C'est le Premier ministre sortant lui-même qui a provoqué ces élections plus de deux ans avant l'échéance en rompant fin 2014 une coalition gouvernementale trop indisciplinée à son goût.

Au cours de la campagne, M. Netanyahou s'est posé en garant de la sécurité d'un pays qui, officiellement, a livré huit guerres depuis sa création en 1948. Avant les élections, ses discours alarmistes, son intervention exceptionnelle devant le Congrès américain sur le nucléaire iranien semblaient ne pas devoir suffire face aux attaques de M. Herzog et de son alliée centriste Tzipi Livni sur le terrain de la cherté de la vie, du prix des logements et des inégalités.

Devant les sondages défavorables, «Bibi» s'est démené dans les derniers jours pour ramener au bercail les déçus de son parti, le Likoud, et rallier les indécis. Il a donné un sévère coup de barre à droite en dénonçant le danger que représenterait selon lui la victoire de M. Herzog et Mme Livni, pour la sécurité du pays.

Lundi, il a encore fait monter les enchères en enterrant l'idée d'un Etat palestinien coexistant avec Israël s'il conservait son poste. Et mardi, il a poursuivi son effort pour rameuter les déçus et rallier les indécis, allant jusqu'à organiser une intervention devant la presse à sa résidence, qui a été interdite de diffusion en direct par les télévisions par la commission électorale.

Le futur Premier ministre est appelé à une tâche sans mesure avec les dimensions d'un Etat de huit millions d'habitants: restaurer les liens avec le grand allié américain; faire pièce aux pressions internationales de toutes sortes; affronter l'offensive diplomatique palestinienne; protéger le pays contre les menaces de guerre au nord et au sud, parer les progrès du jihadisme et de l'influence iranienne; et en même temps préserver une vitalité économique enviée, tout en combattant des disparités sociales.