« La gauche vit une période de transition »

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Etienne Schweisguth

Chercheur au Cevipof.

Avec la victoire de Nicolas Sarkozy hier, quelle forme pourrait prendre

le paysage politique ?

C'est une victoire très nette. C'est la première fois en France depuis 1981 que la majorité sortante n'est pas battue. Nicolas Sarkozy a réussi à se présenter comme différent de cette majorité mais, dans le même temps, il avait l'ensemble de cette majorité derrière lui, tous les ministres, tous les députés... La première question, c'est celle de l'avenir de l'UDF et, plus précisément, celui de François Bayrou.

A-t-il les moyens de ses ambitions d'indépendance ?

Cela reste à démontrer car il semble que ses troupes ne soient pas prêtes à se lancer derrière lui. Il reste quand même une grande incertitude : est-ce que les députés UDF vont se présenter aux élections législatives sous la nouvelle bannière du « mouvement démocrate » de François Bayrou ?

L'autre incertitude, c'est la gauche. Peut-elle échapper à une refondation ?

Non, mais que va-t-il se passer au PS ? Quelle va y être la place de Ségolène Royal et François Hollande va-t-il rester à sa tête ? On peut imaginer que Dominique Strauss-Kahn pourrait le remplacer. Mais, au-delà de la question des hommes, quelle sera l'orientation politique choisie au PS ?

Certains ont déjà appelé

à un coup de barre à gauche...

C'est l'autre possibilité. C'est le choix qu'avaient fait les travaillistes après la défaite contre Margaret Thatcher en 1978. Et ils sont restés dix-huit ans dans l'opposition. Si les socialistes choisissent la voie indiquée par Fabius et Emmanuelli, les prochaines élections devraient être un échec.

Autour de quelles valeurs

la gauche peut-elle se reformer ?

L'idéologie de gauche vit une période de transition. Elle était d'abord fondée sur l'anticapitalisme. Puis, pendant les vingt dernières années, elle s'est définie par son étatisme. Pour l'instant, personne n'a encore pu formuler les nouvelles valeurs de cette idéologie.

législatives Au premier tour des élections législatives le 10 juin, l'UMP obtiendrait 34 % des voix, le PS 29 %, l'UDF 12%, et le Front national 7 %, selon un sondage Ifop pour Profession politique réalisé les 3 et 4 mai et rendu public dimanche. Le Parti communiste recueillerait 4 %, l'extrême gauche 4 %, les Verts 5 %, Chasse pêche nature traditions 1 %, le Mouvement pour la France 2 % et les sans-étiquette 2 %.