Nouveau délai pour l'otage français

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Les talibans repoussent une nouvelle fois leur ultimatum pour la libération de l'humanitaire Eric Damfreville et de ses trois collègues afghans enlevés le 3 avril dans le

sud-ouest de l'Afghanistan. « Comme les élections se poursuivent en France, le conseil de direction des talibans a repoussé l'ultimatum à la formation d'un nouveau gouvernement », a déclaré hier le porte-parole habituel des talibans, Yousuf Ah­madi. Il n'a évoqué aucune date précise mais l'usage veut qu'en France, le nouveau gouvernement soit désigné dans les jours qui suivent la prise de fonction du nouveau chef de l'Etat, prévue le 17 mai. Les exigences, elles, n'ont pas changé. Les talibans réclament toujours le retrait du millier de soldats français présents sur le sol afghan au sein de la Force internationale de l'Otan ou un échange contre des prisonniers ta­li­bans.

Samedi dernier, les ravisseurs avaient libéré Céline Cordelier, seule femme du groupe, « en signe de bonne volonté », et, a priori, sans contrepartie. Extrêmement éprouvée par près d'un mois de captivité, la jeune femme a rappelé aux talibans que « sa liberté » n'était rien sans celle de ses quatre compagnons. Mais le conseil de direction des talibans, seul organe habilité à décider du sort des otages, conserve une ligne politique ferme : « Si nos demandes ne sont pas satisfaites, nous agirons sur la base de la politique que nous avons appliquée aux étrangers jusqu'à maintenant », rappelle Yousuf Ahmadi.

Les talibans ont déjà exécuté plusieurs de leurs otages, no­tamment l'interprète afghan du journaliste italien Daniele Mastrogiacomo, relâché

le 19 mars en échange de cinq prisonniers. Une exécution qui avait provoqué un tollé en Afghanistan. Pour le président Hamid Karzai, pas question de réitérer l'épisode avec les otages

de l'ONG Terre d'enfance. Mais c'est sans compter sur la détermination des talibans dont l'assise politique et militaire ne cesse de croître.

contact « Les gouvernements français et afghan n'ont (...) même pas essayé de nous contacter », a déclaré le porte-parole des talibans, Yousuf Ahmadi. Paris n'a pas souhaité commenter.