Israël: Elections législatives en forme de référendum pour Benyamin Netanyahou

POLITIQUE Le scrutin s'annonce serré avec une opposition donnée en tête par les derniers sondages...

Oihana Gabriel
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Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu lors de la dernière ligne droite avant les élections lundi 16 mars 2015.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu lors de la dernière ligne droite avant les élections lundi 16 mars 2015. — AFP

L’heure de vérité a sonné pour Bibi. Mardi, les 5,88 millions d'électeurs israéliens sont appelés à choisir leurs 120 députés. Ils auront une idée de la composition de leur Parlement dans la nuit de mardi à mercredi. Mais ils devront attendre jeudi pour connaître le nom du Premier ministre.

Quelle coalition?

Ces élections législatives anticipées se sont révélées plus serrées que prévu. Dans les derniers sondages, l'opposition menée par l'Union sioniste, alliance du parti travailliste d’Isaac Herzog et du HaTnuah de Tsipi Livni, devance de quelques sièges le Likoud de Benyamin Netanyahou. Mais un troisième homme a émergé: Moshé Kahlon, transfuge du Likoud qui a fondé son parti de centre-droit Koulanou. Dans un système de proportionnelle intégrale qui conduit inévitablement à un gouvernement de coalition, le soutien du centriste, crédité de huit à dix députés, apparaît indispensable. C’est pourquoi Moshé Kahlon, très courtisé, s’est vu proposer de la part des deux favoris le poste de ministre des Finances. Mais le faiseur de roi n’a pas donné sa préférence. La véritable question de cette élection repose sur la capacité de l’opposition à monter une coalition.

Une élection en forme de référendum

Car le seul enjeu pour Dominique Moïsi, politologue et conseiller à l’Institut français de relations internationales, «c’est de savoir si Benyamin Netanyahou, Premier ministre depuis 2009, va se succéder une quatrième fois. Cette élection est en réalité un référendum sur cette personnalité. Plus encore après le discours devant le Congrès américain: il a provoqué l’Amérique d’Obama, est-ce que les Israéliens vont lui en être reconnaissants?»

Le dernier sondage du Jérusalem Post indiquait que 72% des électeurs interrogés disaient vouloir un changement. Pour Dominique Moïsi, il existe une chance pour que le Premier ministre sorte vaincu. «On sent une volonté de rupture. Mais au sujet de la personne, pas forcément des thèmes. Les Israéliens ne semblent pas convaincus par l’opposition, mais ils pourraient voter contre Netanyahou. Il y a une fatigue. S’il est battu demain, ce sera une leçon pour Nicolas Sarkozy ou Hillary Clinton. C’est difficile de se réinventer quand on est au pouvoir depuis longtemps.»

Sécurité contre pouvoir d’achat

Likoud et opposition ont fait campagne sur la sécurité d’un côté et le pouvoir d’achat de l’autre. Au cours d'une campagne très personnalisée, Benyamin Netanyahou s'est promu en meilleur rempart contre les menaces de l'extrémisme islamiste et d'un Iran détenteur de l'arme nucléaire. De même, il a promis ce lundi de continuer à construire des logements pour colons à Jérusalem-Est et a écarté la création d'un Etat palestinien. De leur côté, Isaac Herzog et son alliée centriste Tzipi Livni l'ont attaqué sur la cherté de la vie et des logements, et sur les disparités sociales parmi les plus criantes des pays développés. Pour le spécialiste d’Israël, «les questions économiques et sociales sont apparues pendant la campagne, mais sans réel débat. De même, la question palestinienne est restée quasiment inexistante.»

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