Crimée: Il y a un an, Poutine réfléchissait à mettre en alerte les forces nucléaires

MONDE «Nous étions prêts à le faire» face «à la tournure la plus défavorable qu'auraient pu prendre les événements», a déclaré le président russe dans un documentaire...

M.C. avec AFP

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Le président russe Vladimir Poutine, le 5 mars 2015 au Kremlin à Moscou
Le président russe Vladimir Poutine, le 5 mars 2015 au Kremlin à Moscou — Sergei Karpukhin POOL

Vladimir Poutine s'est présenté dimanche comme le sauveur de la Crimée, obligé de déployer ses troupes pour empêcher une «effusion de sang», et a confié avoir été prêt il y a un an à mettre en état d'alerte les forces nucléaires face à une éventuelle intervention militaire occidentale dans cette péninsule ukrainienne ensuite rattachée à la Russie.

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«Nous étions prêts à le faire», à mettre en état d'alerte le dispositif nucléaire face «à la tournure la plus défavorable qu'auraient pu prendre les événements», a déclaré le président russe, dans un documentaire diffusé dimanche soir sur la chaîne de télévision publique Rossia 1, à la veille des commémorations pour le première anniversaire du «retour» de la Crimée dans le giron russe.

Batteries de missiles susceptibles de dissuader un navire de guerre américain

Le tournage de ce documentaire de près de trois heures, dont des extraits avaient été diffusés le 8 mars, a pris huit mois, selon la chaîne, qui ne précise pas la date d'enregistrement de l'entretien avec le président russe dont l'absence dans la vie publique depuis le 5 mars a provoqué toutes sortes de conjectures sur son état de santé.

L'armée russe avait également positionné en Crimée des batteries de missiles de défense côtière «Bastion», des armes susceptibles de dissuader un navire de guerre américain qui était alors en mer Noire de s'immiscer, raconte Vladimir Poutine. «On ignorait alors» si l'Occident allait intervenir militairement, poursuit-t-il. «C'est pourquoi j'ai été obligé de donner les instructions qu'il fallait à nos forces armées (...), de donner des ordres sur l'attitude de la Russie et de nos forces armées en toutes circonstances», précise-t-il.

«Je ne pense pas que quelqu'un ait eu envie de déclencher un conflit mondial»

«J'ai parlé avec mes collègues (occidentaux) et je leur ai dit que c'était notre territoire historique, que des Russes habitaient là-bas, qu'ils étaient en danger et que nous ne pouvions pas les abandonner», a poursuivi le président russe. «C'était une position franche et ouverte. Et c'est pourquoi, je ne pense pas que quelqu'un ait eu envie de déclencher un conflit mondial», a-t-il ajouté.

Le rattachement, en mars 2014, de la Crimée à la Russie a cependant provoqué la pire crise diplomatique entre Moscou et l'Occident depuis la chute de l'URSS et un conflit armé dans l'est de l'Ukraine qui a déjà fait plus de 6.000 morts.