Le Kurdistan irakien accuse Daesh d'utiliser des bombes au chlore

MONDE Le groupe Etat islamique (EI) aurait eu recours à ces armes chimiques en janvier contre les peshmergas, les forces de sécurité de cette région autonome…

20 Minutes avec AFP

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Iranian Kurdish Peshmerga members of the Des Peshmerga kurdes vont s'entraîner près de Koya, dans le Kurdistan irakien, le 9 décembre 2014
Iranian Kurdish Peshmerga members of the Des Peshmerga kurdes vont s'entraîner près de Koya, dans le Kurdistan irakien, le 9 décembre 2014 — Safin Hamed AFP

Des accusations et des preuves. Les autorités du Kurdistan irakien ont indiqué ce samedi disposer d'éléments prouvant que le groupe autoproclamé Etat islamique (EI) a eu recours à des bombes au chlore en janvier contre les peshmerga.

Dans un communiqué , la Commission de sécurité de la région du Kurdistan a indiqué que «les forces peshmergas ont fait des prélèvements de sol et des lambeaux de vêtements après un attentat suicide à la voiture piégée le 23 janvier 2015».

Les analyses effectuées en Europe montrent que «les prélèvements contenaient des niveaux de chlore suggérant que cette substance a été utilisée sous une forme destinée à en faire une arme».

«Méthodes désespérées»

Cette institution sécuritaire, présidée par le fils du président kurde Massoud Barzani, estime que l'utilisation d'armes chimiques montre que Daesh est acculé.

«Le fait que l'EI s'appuie sur de telles tactiques montre qu'il a perdu l'initiative et recourt à des méthodes désespérées», assure le communiqué.

Fumées orange

Des cas d'utilisation de chlore, que les djihadistes récupèrent principalement dans les stations d'épuration, dans des bombes artisanales ont été évoqués dans plusieurs zones de Syrie et d'Irak.

Ces armes exhalent généralement une fumée orangée.

Il est relativement simple d'équiper des véhicules piégés et des engins explosifs posés sur les bords de route avec des cannettes de chlore, mais cet agent chimique n'est pas très puissant.

Selon des médecins et des témoins, les personnes exposées à ce gaz lors de récentes attaques en Irak ont développé des symptômes temporaires tels que vomissements et problèmes respiratoires.

Il n'a pas été établi si l'exposition au chlore a déjà entraîné la mort d'une victime lors d'une attaque menée par l'EI avec une bombe de ce type.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté début mars une résolution condamnant l'utilisation du gaz de chlore comme arme chimique dans le conflit syrien, mais sans en désigner les coupables.