Dix dates clés pour comprendre quatre ans de conflit en Syrie

DECRYPTAGE Cet affrontement meurtrier, qui va entrer dimanche dans sa cinquième année, est désormais bien plus complexe qu’une guerre civile...

B.D.

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Un immeuble devasté dans la vieille ville de Alep en Syrie, le 6 décembre 2014 Lancer le diaporama
Un immeuble devasté dans la vieille ville de Alep en Syrie, le 6 décembre 2014 — Zein Al-Rifai AFP

Quatre ans de conflit, plus de 210.000 morts et 11,2 millions de réfugiés. Déclenchée en 2011, par des protestations pacifiques, la guerre en Syrie, qui va entrer dimanche dans sa cinquième année, s’est complexifiée avec la montée en puissance des djihadistes de l'Etat islamique (EI). Retour sur dix dates clés pour comprendre ce conflit.

15 mars 2011

Inspirées des printemps arabes tunisien et égyptien, des manifestations populaires pacifiques pour plus de libertés ont lieu dans le pays, gouverné d'une main de fer depuis 40 ans par le régime Assad. Leur répression sanglante entraîne un durcissement et une militarisation de l’opposition, et déclenche une guerre civile entre pro et anti-régime.

Juillet et septembre 2011

L’Armée syrienne libre (ASL) puis le Conseil National Syrien (CNS) sont créés. La première, composée de rebelles civils encadrés par des déserteurs, vise à lutter contre les forces armées du régime. Le CNS a lui pour objectif de coordonner la lutte politique contre le régime depuis la Turquie.

Juillet 2012

L’ASL lance la bataille de Damas, toujours contrôlée aujourd’hui par le gouvernement, puis celle d'Alep, divisée depuis entre zones contrôlées par les rebelles à l'est et par le régime à l'ouest.

30 avril 2013

Le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, reconnaît l'engagement de ses troupes au côté du régime de Damas. Après les déroutes de l’armée syrienne face aux rebelles au début de la guerre, ces renforts, mais aussi les Gardiens de la révolution iraniens, aident à stabiliser le front militaire.

21 août 2013

Une offensive dans la banlieue de Damas, la Ghouta, tenue par l'ASL, fait 1.429 morts. Le régime est accusé d'avoir mené ces attaques avec des gaz toxiques, ce qu’il dément. En septembre, la première résolution du Conseil de sécurité de l'ONU depuis le début du conflit, la résolution 2118, est adoptée pour le contraindre à détruire son arsenal chimique, écartant la menace de frappes militaires des pays occidentaux, brandie après l'attaque.

Janvier 2014

Le groupe Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), apparu depuis un an dans le conflit et qui s’impose depuis avril au nord-est du pays, entame une campagne sanglante contre les autres groupes rebelles pour s’emparer des territoires qu’ils ont conquis.

Janvier / Février 2014

Genève II, la seconde conférence pour la paix entre le régime de Damas et l'opposition en exil tourne au dialogue de sourds en Suisse et s’achève le 15 février sur un constat total d'échec.

Eté 2014

Depuis ses positions en Syrie, l’EIIL -qui va devenir l’EI- lance une vaste offensive sur plusieurs villes et territoires de l’Irak voisin, et son chef proclame un «califat» à cheval sur l'Irak et la Syrie. Des puissances aussi antagonistes que l'Iran et les Etats-Unis se trouvent de manière inattendue des intérêts stratégiques communs contre les djihadistes de l'EI.

Septembre 2014

Dans le cadre de la coalition pour contrer l'expansion de l'EI, les Etats-Unis et leurs alliés, qui bombardent les positions du groupe en Irak depuis le mois d’août, étendent ces frappes au nord-est de la Syrie.

Janvier/Février 2015

Après plus de quatre mois de violents combats, les forces kurdes de Syrie (YPG) et d'Irak (peshmergas), reprennent, appuyées par les frappes de la coalition, la ville de Kobané, frontalière de la Turquie. Les YPG et leurs alliés ont depuis reconquis une large partie des territoires alentours, et mènent de violents combats dans les villes proches de la frontière, passage clé des djihadistes vers la Syrie. Les forces kurdes commencent à se diriger vers la province de Raqa, où siège le «califat» proclamé par l'EI.