Les Turcs de nouveau dans la rue

TURQUIE Dernières manifestations pour la laïcité avant le nouveau tour de vote pour désigner le futur chef d’Etat…

— 

Plus d'un million de personnes, selon des sources policières, arborant drapeaux et portraits du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk, défilaient dans la paix à Istanbul pour défendre les principes laïques de la République et la démocratie.
Plus d'un million de personnes, selon des sources policières, arborant drapeaux et portraits du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk, défilaient dans la paix à Istanbul pour défendre les principes laïques de la République et la démocratie. — Hocine Zaourar AFP

A la veille du nouveau tour de vote pour désigner le futur chef d’Etat, les partisans de la laïcité en Turquie ont offert une nouvelle démonstration de leur motivation, samedi, en organisant deux manifestations.

Manifestations symboliques

A Manisa, petite ville de l'ouest, plus de 50.000 manifestants, selon les chaînes de télévision, ont dénoncé le Parti de la Justice et du Développement (AKP) et ses agissements anti-laïques, selon eux, en scandant des slogans comme «la Turquie est laïque et le restera».
En choisissant Manisa, les organisateurs du rassemblement visaient le président du parlement, Bülent Arinç, député de la région et figure influente de l'AKP. Ce-dernier avait provoqué une controverse en déclarant que le prochain président turc serait un «croyant».

Une autre manifestation, réunissant des milliers de personnes, se déroulait au même moment à Canakkale (nord-ouest). Ces manifestations s'inscrivent dans la lignée de celles d'avril à Ankara et Istanbul, qui ont réuni à chaque fois un million de personnes.

Nouveau scrutin sans effet

Une nouvelle manifestation est prévue le 13 mai à Izmir, troisième ville du pays, sur la mer Egée. Soit une semaine après le nouveau tour de vote prévu dimanche au parlement, pour tenter de sortir de la crise qui paralyse le pays depuis trois semaines. Ce nouveau scrutin devrait néanmoins être sans effet : Gül n'a pratiquement aucune chance d'être élu, l'opposition ayant annoncé qu'elle boycotterait à nouveau le scrutin. Or l'AKP ne détient pas les deux-tiers des sièges requis pour faire passer son candidat.

Conscient que son candidat a peu de chances d'être élu par les députés, l'AKP a déposé vendredi au parlement une réforme constitutionnelle prévoyant l'élection du chef de l'Etat au suffrage universel, pour un mandat de cinq ans renouvelable, au lieu de l'actuel mandat unique de 7 ans.