Royaume-Uni: 370 adolescentes jugées «sans valeur» victimes d'abus sexuels

FAITS DIVERS Le Premier ministre Britannique a annoncé un projet de loi pour lutter contre la non-dénonciation de ce type d'actes...

20 Minutes avec agence

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Des étudiants lors d'une manifestation contre le viol, à Hyderabad, en Inde, le 13 septembre 2013
Des étudiants lors d'une manifestation contre le viol, à Hyderabad, en Inde, le 13 septembre 2013 — Noah Seelam AFP

Durant les quinze dernières années, près de 370 jeunes filles auraient été abusées sexuellement par les membres d'un gang de Pakistanais dans la région d'Oxfordshire, au Royaume-Uni. C'est un rapport d’enquête, paru le 26 février et repris par Courrier International, qui révèle le scandale et condamne les services sociaux et la police locale, soupçonnés d’avoir survolé le dossier.

Elles auraient «suscité les rapports sexuels»

Selon The Guardian qui relaie l’affaire, les abus «avaient souvent lieu dans des foyers, des parcs publics ou des cimetières» d'Oxford. «Les jeunes filles étaient droguées et soumises à des viols collectifs et à d’autres atrocités sexuelles.» Des victimes qui, en proie à des difficultés familiales, étaient la plupart du temps suivies par des assistants sociaux.

Mais, aux yeux des policiers et des services sociaux, ces adolescentes n’avaient «aucune valeur», et, précise Courrier International, même alors âgées de 11 ans, elles étaient considérées comme des «adolescentes coquines», soupçonnées d'avoir suscité les rapports sexuels. Un laxisme qui a permis à ces abus de perdurer pendant des années. Et pourtant, le rapport ne fait étonnamment part d'aucune «preuve de négligence professionnelle intentionnelle» au sein de la police et des services sociaux.

Jusqu’à cinq ans de prison s’ils ferment les yeux

Qualifiant l’abus sexuel sur enfants de «menace nationale», le Premier ministre britannique, David Cameron, a annoncé un projet de loi obligeant les personnes face à une possible situation d'abus sexuels à faire part de leurs soupçons. Les conseillers municipaux, des assistants sociaux et les enseignants qui fermeraient les yeux risqueront, ainsi, jusqu’à cinq ans de prison.

Egalement soulevée dans ce rapport du 26 février, l’affaire Jimmy Savile avait, en 2012, secoué le Royaume-Uni. Utilisant son image de mécène, le présentateur vedette de la BBC est accusé d'avoir abusé sexuellement d'une soixantaine de patients de l’hôpital de Stoke Mandeville d'Oxford.