Iran: Amnesty s'inquiète de la condition des femmes

SOCIETE En 2014, l'ayatollah Ali Khamenei annonçait qu'il voulait doubler à population d'ici 50 ans...

20 Minutes avec agences

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Une femme danse lors d'un mariage en Iran.
Une femme danse lors d'un mariage en Iran. — AP Photo/Vahid Salemi

Deux projets de lois visent à relancer la natalité en Iran, où seulement 10% de la population active féminine travaille. Deux projets, qui, selon Amnesty International, réduiraient les femmes au statut de «machines à faire des enfants» (lire encadré).

Cette loi «sur la population et l'exaltation de la famille», qui doit être examinée au Parlement, rendrait plus difficile l'accession à un emploi pour les femmes incapables ou pas désireuses d'avoir un enfant. Car, selon l'organisation, il obligerait les sociétés publiques et privées à embaucher en priorité pour certains postes les pères de famille, puis les hommes mariés sans enfant, et les mères de famille.

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Risque accru de violence

Par ailleurs, le texte rendrait aussi la procédure de divorce plus compliquée et limiterait l'action de la police et de la justice dans les conflits familiaux, ouvrant la voie à un risque accru de violences domestiques.

En outre, un autre texte «pour empêcher le déclin de la population» veut interdire la stérilisation et bloquer l'information et l'accès à la contraception, alors que l'avortement est interdit en Iran sauf pour des cas particuliers. Suite à plusieurs amendements, le texte, voté par les députés en juin 2014, est toujours en discussion.

Pour rappel, l'an dernier, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait demandé aux autorités de prendre des mesures afin d'augmenter le nombre de naissances, pour doubler la population de 77 millions actuellement à 150 millions d'ici 50 ans. Les responsables s'alarment également du risque de vieillissement de la population.

Dans un rapport publié ce mercredi et intitulé Tu procréeras: attaque contre les droits sexuels et reproductifs des femmes, Amnesty dénonce les deux textes de loi qui «piétinent les droits fondamentaux des femmes». «Les autorités cherchent déjà à contrôler ce que portent les Iraniennes, où elles travaillent et ce qu'elles étudient. Maintenant, elles s'ingèrent dans leur vie privée en tentant de contrôler leur corps et de leur dire combien d'enfants elles doivent avoir», a commenté Hassiba Hadj Sahraoui, directrice-adjointe d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord. «Les deux projets de loi doivent être déchirés et les fonds pour garantir un planning familial de qualité doivent être restaurés.»