«Agir dès lundi»

avec AFP

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Le Giec se réunit pour la troisième du 30 avril au 4 mai, à Bangkok. Objectif: réfléchir aux moyens d'enrayer le réchauffement climatique.
Le Giec se réunit pour la troisième du 30 avril au 4 mai, à Bangkok. Objectif: réfléchir aux moyens d'enrayer le réchauffement climatique. — Reuters

Le réchauffement climatique ne peut plus être enrayé, mais il peut encore être limité. Une conclusion sans surprise publiée vendredi par le Groupe international d’experts climatiques (Giec), réuni à Bangkok cette semaine.

Réactions des ONG

A peine le rapport des experts du climat publié, les ONG environnementalistes sont montées au créneau pour interpeller les «décideurs» à s’engager très vite dans la lutte contre le réchauffement.

«Au travail dès lundi», a ainsi clamé le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans un communiqué. Selon Stephan Singer, responsable du programme Climat et Energie de l'organisation, le rapport «montre pour la première fois qu'il est possible de lutter avec ambition contre la pollution du climat sans que ça coûte une fortune». Avant de balayer le principal argument des hésitants. «Aucun gouvernement ne peut faire valoir que ça nuirait à son économie», a-t-il souligné.

Pour Greenpeace, le texte appelle maintenant «une réponse politique sérieuse» de la part des dirigeants du monde.

Préconisations du Giec

Pour redresser la dérive climatique annoncée en février dans le premier volet de son rapport, le Giec préconise une baisse des émissions mondiales de gaz à effet de serre à partir de 2015, date à laquelle les experts attendent un pic des émissions, avant de redescendre à 50% des niveaux actuels (379 ppm) d'ici 2050.

Cet effort, loin de stopper le processus de réchauffement climatique, permettra de stabiliser la pollution atmosphérique à des niveaux situés entre 445 et 490 parties par millions (ppm) de CO2 et autres GES et limiter ainsi la hausse moyenne des températures entre +2°C et +2,4°C.

La marge de manœuvre paraît limitée mais elle peut être améliorée. «Plus on voudra atteindre un niveau de stabilisation bas, plus vite ce pic devra être atteint et le déclin des émissions s'amorcer», a précisé le Giec dans son traditionnel «résumé à l'intention des décideurs» politiques. A condition, bien sûr, que l’effort soit collectif.

Apres négociations

Réuni depuis lundi à Bangkok pour des travaux à huis clos, le Giec s'est livré à d'âpres négociations, y compris dans la nuit de jeudi à vendredi. La question des coûts des mesures à prendre pour lutter contre l'effet de serre a suscité des frictions entre les pays représentés. A l'arrivée, le document publié vendredi met en évidence des «coûts de réduction tout à fait abordables», selon Marc Gillet, chef de la délégation française. «Je pense qu'on pourra utiliser beaucoup d'élements de ce document» dans de prochaines discussions multilatérales, a-t-il ajouté.

Scénario du pire
Selon un précédent rapport du Giec publié en février à Paris, la hausse des températures pourrait atteindre jusqu'à + 6,4°C d'ici 2100, dans le pire des cas, par rapport à la période 1980-1999.