Mali: Ce que l’on sait de l’attentat de Bamako

MALI Cet attentat a coûté la vie à cinq personnes dont un Français...

M.B.

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Trois Européens, dont un Français et un Belge, et deux Maliens ont été abattus dans la nuit de vendredi à samedi dans un restaurant du centre de Bamako.
Trois Européens, dont un Français et un Belge, et deux Maliens ont été abattus dans la nuit de vendredi à samedi dans un restaurant du centre de Bamako. — HABIBOU KOUYATE / AFP

22:03: Dernière minute: Le groupe de Belmokhtar revendique l'attentat de Bamako, dans un enregistrement diffusé par l'agence mauritanienne Al-Akhbar.

C'est l'attentat le plus meurtrier dans la capitale malienne depuis le lancement de l'opération Serval en janvier 2013. 20 Minutes fait le point sur cet attentat qui a coûté la vie à cinq personnes dont un Français.

Que s’est-il passé au restaurant la Terrasse?

Deux Européens, un Français et un Belge, et trois Maliens ont été abattus dans la nuit de vendredi à samedi, peu après minuit heure locale, dans un restaurant du centre de Bamako. La Terrasse, un établissement en étage apprécié des expatriés, est situé dans une rue très animée de la capitale, selon la police. De plus, huit personnes ont été blessées dans cette attaques, dont trois Suisses.

Connaît-on l'identité des victimes?

Il est trop tôt pour le dire. Tout juste sait-on que la victime belge travaillait pour l'Union européenne au Mali.

Qui sont les suspects?

Juste après l’attaque, la police malienne a affirmé qu’au moins un homme armé avait ouvert le feu. Cependant, un quotidien privé de Bamako, Le Combat, avançait que deux personnes, un homme et femme, ont tiré avec des armes de gros calibre pendant qu'un troisième assaillant montait la garde à l'entrée du restaurant.

Dans la matinée, deux suspects ont été arrêtés et étaient interrogés selon des sources policières maliennes. Ces deux suspects, dont ni l'identité ni la nationalité n'ont été précisées « sont en train d'être interrogés », a affirmé une de ces sources, ajoutant qu'ils avaient commencé à fournir aux enquêteurs des informations « intéressantes » .

Comment ont réagi les autorités françaises?

Le président François Hollande a dénoncé «avec la plus grande force le lâche attentat» et offert l'aide de la France au président malien, Ibrahim Boubakar Keïta.

 

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a affirmé pour sa part que «ce crime renforce notre détermination à lutter contre le terrorisme, sous toutes ses formes».  Notre ambassade, qui a ouvert une cellule de crise, est entièrement mobilisée aux côtés des autorités maliennes», a ajouté le chef de la diplomatie.

 

Sur Twitter, Le Premier ministre Manuel Valls s'est déclaré «horrifié» par «l'abjecte attaque terroriste».

 

De son côté, le parquet de Paris a ouvert une enquête. Une procédure  automatique quand un Français est victime d'un crime à l'étranger. Elle a été ouverte pour assassinat en lien avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroristes et confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (Sdat).

S’agit-il vraiment d’une attaque terroriste?

Un policier sur place contacté par l’AFP est formel : «C'est une attaque terroriste, même si nous attendons des précisions.» Il s’agit de l'attentat le plus meurtrier dans la capitale malienne depuis le lancement de l'opération Serval, lancée à l'initiative de la France en janvier 2013, à laquelle a succédé en août 2014 l'opération Barkhane, et qui a permis de chasser en grande partie les groupes jihadistes liés à Al-Qaïda qui avaient conquis le nord du Mali depuis le printemps 2012.

Si des zones entières du nord du Mali échappent encore au contrôle du pouvoir central,  les attaques jihadistes, qui s'étaient multipliées depuis l'été, notamment contre les troupes de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) qui compte quelque 10.000 militaires et policiers, ont récemment diminué d'intensité. L'attentat se produit au moment où la rébellion à dominante touareg est sous forte pression internationale, y compris du secrétaire général de l'ONU Ban ki-moon, pour parapher d'ici la fin du mois un accord pour la paix, comme l'a déjà fait le gouvernement malien le 1er mars à Alger.