VIDEO. Un an après la disparition du vol MH370: «On nous cache des choses»

CATASTROPHE AÉRIENNE Anne-Sophie Gillet, présidente du comité de soutien MH370 France, fait le point sur l’enquête alors qu’a lieu dimanche une marche silencieuse...

Propos recueillis par Nicolas Beunaiche

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Un passager à l'aéroport de Kuala Lumpur, en Malaisie, le 29 janvier 2015.
Un passager à l'aéroport de Kuala Lumpur, en Malaisie, le 29 janvier 2015. — Joshua Paul/AP/SIPA

Où est passé le vol MH370? Un an après la disparition du Boeing 777 de la Malaysia Airlines et de ses 227 passagers, le mystère est toujours total.

Pour faire pression sur les autorités, le comité de soutien MH370 France organise dimanche une marche silencieuse dont le point d'arrivée est l’Elysée. Sa présidente, Anne-Sophie Gillet, dont le frère, Ghyslain Wattrelos, a perdu sa femme et deux de ses trois enfants le 8 mars 2014, fait le point sur l’enquête.

Un an après la disparition du MH370, où en est l’enquête officielle?

On ne sait toujours rien. Il n’y a ni débris ni preuves de quoi que ce soit. Pire, les déclarations se contredisent. Après avoir parlé de détournement quelques jours après la catastrophe, la Malaisie a officiellement déclaré, le 29 janvier, qu’il s’agissait d’un accident. Sans fondement. Il y a eu des erreurs de faites et on nous cache des choses. On nous a dit que les débris étaient recherchés puis plus rien, on a évoqué des perquisitions au domicile des pilotes, puis plus rien... Nous sommes maintenus dans le silence et dans l’opacité.

Pourquoi, selon vous, la Malaisie évoque-t-elle un accident?

En cas d’accident, les familles peuvent demander les certificats de décès et la procédure d’indemnisation peut être enclenchée. On veut tout simplement acheter notre silence.

Que vous répondent les autorités malaisiennes et françaises?

Nous n’avons aucun contact avec la Malaisie. La communication est à sens unique, nous n’avons accès à rien et aucun traitement de faveur. On apprend tout lors des conférences de presse. Quant aux autorités françaises, elles nous transmettent ce que la Malaisie veut bien transmettre. En un an, jamais le président de la République n’a pris la parole sur le sujet, alors qu’il l’a fait pour le crash du MH17, à bord duquel il n’y avait aucun Français.

Vous avez donc décidé de mener une enquête indépendante. Où en est-elle?

C’était l’un de nos objectifs au moment où nous avons créé le comité, en juin. Nous voulions faire pression sur les autorités françaises pour que les choses bougent, mais aussi lever des fonds pour financer une enquête indépendante. Nous avons donc engagé des enquêteurs privés pour obtenir des données, comme la liste des passagers par exemple, et des témoignages. Pour l’instant, nous n’avons pas découvert de preuves mais on croit toujours possible de mettre en ordre les pièces du puzzle. Ce qui est sûr, pour nous, c’est que la thèse de l’accident ne tient pas. Les systèmes de communication ont été coupés simultanément et la trajectoire de l’avion durant les huit dernières heures est trop intelligente pour être le fruit du hasard.

Qu’attendez-vous de la journée de dimanche?

Nous organisons une marche silencieuse qui ira de l’Esplanade des Invalides jusqu’à l’Elysée, où une délégation sera reçue par la présidence. Nous voulons remettre les 18.000 pétitions signées que nous avons rassemblées et qui demandent à la France de s’engager concrètement pour faire avancer l’enquête. Il faut que le Président s’investisse.

Ces prochains jours, un rapport doit également être publié…

La Malaisie est obligée de sortir un rapport d’enquête un an après la catastrophe. Mais nous n’en attendons rien, il ne contiendra probablement aucune révélation.